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Effets des systèmes de culture bananière sur la stabilité structurale et l'érosion d'un sol brun-rouille à halloysite en Martinique

Khamsouk B., Roose E., Dorel M., Blanchart E.. 1999. Bulletin - Réseau Erosion (19) : p. 206-215. Colloque international L'homme et l'érosion, 1999-12-09/1999-12-19, Yaoundé (Cameroun).

Un test de stabilité structurale (Le Bissonnais, 1996) a été appliqué sur des échantillons de sol brun-rouille à halloysite de la Martinique provenant de dix parcelles de ruissellement (100 ou 200 m2) du CIRAD-FLHOR, à l'état initial (t0) et après un an de culture (t1). Ces 10 parcelles, composées de sept essais cultivés et de trois sols nus, testent le comportement des systèmes de culture bananière au ruissellement et à l'érosion. L'objectif est double : estimer l'évolution de la stabilité structurale du sol et rechercher les facteurs déterminants. Ce test sur agrégats secs et tamisés (2-5 mm) comprend trois traitements à l'eau distillée : T1, humectation brutale par immersion, T2, humectation lente par capillarité et T3, agitation mécanique standardisée. Il montre que, quel que soit l'échantillon testé, (i) la désagrégation est plus intense avec T1 que T2, indiquant que les pluies intenses et isolées en période sèche provoquent plus d'éclatement des agrégats que les averses modérées en période humide, (ii) - les agrégats résistent bien à la désagrégation mécanique standardisée (T3), confirmée par un diamètre moyen pondéral élevé (MWD = 1, 5 à 2,7 mm). Le paramètre MWD (T1) montre qu'il y a une évolution de la stabilité structurale du sol en un an sur toutes les parcelles. Sur les essais cultivés, il s'agit d'un effet cultural regroupant à la fois une agrégation du sol par une hausse de la stabilité structurale dans les rangs sous l'influence biologique des racines (cas des rangs des parcelles d'ananas P5 et P6) et une dégradation du sol dans les inter-rangs par l'agressivité de la pluie et par le piétinement lors des travaux agricoles (cas des parcelles de bananiers P3 et P4 qui subissent 16 passages d'ouvriers/mois). Cette dégradation structurale du sol pourrait être due aussi à la préparation du sol, notamment la mécanisation lourde qui tasse le sol (cas de la parcelle d'ananas P6 où les sillons ont été tassés lors du billonnage). Donc, sur ces parcelles cultivées, les zones sensibles à la désagrégation structurale (et aussi à l'érosion hydrique) sont localisées dans les inter-rangs. Sur les trois parcelles " sol nu " (P1, P7 et P9), la stabilité structurale du sol augmente avec la pente et cette relation s'expliquerait par la constitution sur forts reliefs de matériaux reliquats les plus résistants, les constituants fragiles ayant été décapés les premiers. Pourtant, la dégradation structurale est aussi constatée au bout d'un an (baisse significative des MWD (T1) de tO à t1) et s'amplifie même avec la pente. Elle serait due non seulement à l'agressivité de la pluie, mais aussi et surtout à l'énergie cinétique du ruissellement (liée directement à la pente) et à sa capacité de transport de solides. D'ailleurs, la relation positive entre l'érosion et la dégradation structurale sur les " sols nus " souligne cette hypothèse alors qu'aucun lien entre évolution structurale et perte en terre n'est établi sur les parcelles cultivées. (Résumé d'auteur)

Mots-clés : musa; système de culture; Érosion; stabilité; structure du sol; type de sol; ruissellement; dégradation du sol; martinique; france; halloysite

Article (c-revue sans comité de lecture)

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