Publications des agents du Cirad

Cirad

Synthèse d'enquêtes agro-économiques réalisées dans une centaine d'exploitations élaeicoles au Cameroun

Rafflegeau S., Ndigui B.. 2001. Yaoundé : MINREST, 95 p..

L'étude réalisée auprès de 100 exploitations réparties dans la zone favorable à la culture du palmier à huile au Cameroun a pour objectif de décrire les pratiques agricoles en plantations non industrielles. En effet les planteurs villageois n'appliquent pas les itinéraires techniques qui ont été vulgarisés, ils les ont adaptés à leurs moyens et objectifs très rapidement surtout depuis que la dynamique de plantation spontanée se développe à partir de capitaux privés. Cette étude repose sur une enquête qui vise donc à décrire les pratiques par des observations et mesures en plantation mais aussi en questionnant les planteurs et chefs de culture. Une série de données socio-économiques sont collectées afin de mieux comprendre les contraintes des exploitations et donc les choix techniques des planteurs. Il s'agit d'un échantillonnage de 100 planteurs, raisonné selon une zonation et des critères socio-professionnels. L'échantillon n'est pas pondéré par les effectifs de chaque catégorie mais tente plutôt de décrire la situation des diversités rencontrées. Avec une moyenne de 25ha par exploitation, il apparaît que les grandes exploitations sont sur-représentées par rapport aux plus petites. L'étude montre que les planteurs achètent des plants, font le choix délibéré de conduire une pépinière pour réduire le coût d'achat du matériel végétal ou bien sont contraints d'élever leurs plants eux-mêmes pour des raisons économiques ou de disponibilité. Les préparations de terrain varient fortement selon les précédents culturaux mais l'andainage qui constitue un coût majeur de création en plantation industrielle n'est réalisé que dans 10% de notre échantillon. Les planteurs parviennent ainsi à créer des palmeraies avec un investissement financier réparti majoritairement entre 50.000 et 300.000 F/ha. Ensuite les planteurs cherchent à réduire les frais d'entretien pendant la phase juvénile en invitant de la main d'oeuvre à planter du vivrier ou en cultivant eux-mêmes du vivrier de rente et de consommation. Seuls 19% des parcelles visitées n'ont jamais produit de vivrier intercalaire. Le semis de Pueraria est souvent reporté après les récoltes vivrières. Souvent les exploitations pèchent par la gestion de la phase juvénile car 14% des palmeraies sélectionnées de notre échantillon ne commencent à produire qu'en année 5 alors que ce même matériel produit toujours en année 3 en plantation industrielle. La conduite d'une palmeraie est plus ou moins intensive selon la stratégie du planteur. Ainsi il fait le choix d'apporter ou non de l'engrais mais les apports peuvent être irréguliers si le planteur a une trésorerie trop tendue. Toutefois, notre méthode d'évaluation des rendements par enquête n'est pas assez précise pour faire ressortir les effets d'une fertilisation ou plus généralement des différentes pratiques culturales. Les planteurs situés en dehors des bassins de collecte des huileries industrielles s'orientent spontanément vers la transformation artisanale de la production, mais cela apparaît également au sein même des bassins de collecte. L'étude montre que les planteurs qui utilisent des procédés et matériels très variés n'ont pas toujours intérêt en terme de revenus à traiter leur production. Certains producteurs d'huile génèrent même un chiffre d'affaire moins important que s'ils livraient à une huilerie....

Mots-clés : elaeis guineensis; petite exploitation agricole; enquête sur exploitations agricoles; coût; pratique culturale; cameroun

Document technique

Agents Cirad, auteurs de cette publication :