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Plaidoyer pour une collaboration bien comprise entre secteurs public et privé pour la production de variétés améliorées de plantes pérennes

Nicolas D., Labouisse J.P., Montagnon C., Leroy T.. 2002. In : Assamoi Yapo Robert (ed.), Burger Kees (ed.), Nicolas Dominique (ed.), Ruf François (ed.), De Vernou Patrice (ed.). L'avenir des cultures pérennes, investissement et durabilité en zones tropicales humides, 5-9 novembre 2001, Yamoussoukro, Côte d'Ivoire. Montpellier : CIRAD. Conférence internationale sur l'avenir des cultures pérennes, 2001-11-05/2001-11-09, Yamoussoukro (Côte d'Ivoire).

La production semencière est dans les pays du Nord, la quasi-exclusivité du secteur privé ; il n'en est pas de même au Sud, notamment dans la zone tropicale humide où cette production a été assumée ces dernières décennies par le secteur public. Dans un contexte international marqué par l'internationalisation des échanges, la libéralisation économique et le désengagement des Etats, cette situation n'est pas sans poser des problèmes surtout dans le domaine des cultures pérennes pour lesquels les investissements à long terme sont le gage de l'efficacité pour la fourniture de matériel végétal performant et adapté. A l'aide de trois exemples, la communication présentera un plaidoyer pour que recherches publique et privée équilibrent leurs interventions, conjuguent leurs efforts pour que les agriculteurs puissent bénéficier dans le futur de gains génétiques significatifs leur permettant de rester compétitifs. Le cocotier montre que pour cette culture l'amélioration est l'affaire de programmes largement pluridisciplinaires que seul le secteur public est en mesure d'entreprendre. Le transfert des résultats de ces recherches vers un secteur semencier privé est hypothétique et le secteur public aura encore un certain temps à assumer cette production. Le mode de diffusion du matériel végétal amélioré de caféiers robusta peut évoluer de la variété clonale obtenue par bouturage à la variété semences. La recherche publique a ici largement joué son rôle de compréhension des besoins des agriculteurs, de capitalisation des résultats sur le long terme, de vérification multi-sites de la validité de ces nouvelles variétés ; elle est en mesure de transférer ces résultats vers le secteur privé mieux à même de diffuser rapidement ces variétés, sous condition de bénéficier de retours financiers permettant d'assurer la pérennité de ces recherches sur le long terme. Enfin, dans le domaine des biotechnologies, un programme de transformation génétique du caféier robusta montre que les deux secteurs ont tout intérêt à jouer la complémentarité, dans un processus d'innovation où le secteur privé est le mieux à même d'investir lourdement et de négocier des échanges de propriété intellectuelle, le secteur public étant le mieux placé pour disposer des meilleures ressources génétiques, pour comprendre les besoins des petits agriculteurs et pour garantir l'approche de la sûreté alimentaire et de la sécurité vis à vis de l'environnement.
Communication de congrès

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