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Gérer à plusieurs des ressources renouvelables : patrimonial mediation and subsidiarity management

Babin D., Antona M., Bertrand A., Weber J.. 2002. In : Cormier-Salem Marie-Christine (ed.), Juhé-Beaulaton Dominique (ed.), Boutrais Jean (ed.), Roussel Bernard (ed.). Patrimonialiser la nature tropicale : dynamiques locales, enjeux internationaux. Paris : IRD [Paris], p. 79-99. (Colloques et séminaires). Séminaire Patrimonialiser la nature tropicale, 2002, Paris (France).

En Afrique francophone, la période coloniale a réalisé une mainmise de l'État sur l'ensemble des sols, des espaces et des ressources. La présomption de domanialité sur "les terres vacantes et sans maître" a été l'outil de cette expropriation de fait des populations rurales de la gestion de leurs terroirs et de leurs ressources. La période coloniale a institué des administrations solides et des services fonciers, forestiers ou autres capables de surveiller et de punir. La forêt était, théoriquement, l'affaire exclusive de l'administration forestière et de ses agents forestiers. [...] Les États nouvellement indépendants réaffirment la propriété étatique des forêts. L'importance de la construction de l'unité nationale dans des contextes multi-éthniques aboutit à une situation de double contrainte : d'une part, maintenir l'espace forestier dans le patrimoine national (domaine privé de l'État), mais d'autre part, garantir à tous l'accès au bien commun... L'État est supposé seul à même de gérer le bien commun en bon père de famille. [...] Les administrations coloniales ne disposaient déjà pas des moyens de contrôler efficacement les espaces appropriés par l'État; les administrations post-coloniales les ont encore moins. [...] La recherche d'une participation des populations à la gestion des espaces boisés, dans de nombreux pays, vient du constat que seuls les locaux peuvent avoir les moyens de veiller à la mise en oeuvre de ces règles: le contrôle social est bien plus économe et efficace que le contrôle administratif. [...] De nombreux projets pilotes de foresterie sociale ou d'aménagement forestier avec les populations locales ont été tentés. Ces projets ont été fondés sur un investissement lourd en études, en enquêtes et en matériel. Cependant, au-delà des zones pilotes, lorsqu'il faut agir non plus à l'échelle d'un massif mais à celle d'un État, les moyens sont très nettement insuffisants. Il faut repenser complètement les méthodes, les outils et même les façons d'intervenir auprès des populations. L'économie des moyens devient un défi technique et organisationnel. L'efficience de la gestion des ressources forestières à cette échelle fait intervenir tous les acteurs, du politique au bûcheron, du forestier au pasteur. Elle doit aussi être établie dans une perspective de valorisation économique des forêts ou au moins de satisfaction des besoins des différents usagers. Elle doit aussi tenir compte des politiques d'aménagement du territoire et des autres politiques sectorielles ayant une incidence directe ou indirecte sur les forêts. Il y a donc, en préalable à des solutions techniques, à effectuer des choix d'ordres politiques et donc économiques et sociaux, à différentes échelles spatiales et temporelles. C'est sur ces objectifs, s'ils sont partagés, qu'une gestion efficiente peut s'instaurer.

Mots-clés : gestion des ressources; ressource renouvelable; forêt; intervention de l'état; gestion foncière; afrique; niger; madagascar

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