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Evolution de la densité de population de l'iguane des petites Antilles (Iguana delicatissima) dans la réserve naturelle des îlets de la petite terre (Guadeloupe) entre 1995 et 2002

Lorvelec O., Levesque A., Barré N., Feldmann P., Leblond G., Jaffard M.E., Pascal M., Pavis C.. 2002. In : SNPN. Importance de la recherche dans les aires protégées : des fondements à la gestion. Résumé des communications. Colloque Société nationale de protection de la nature, 5-7 juin 2002. Paris : SNPN, 1 p.. Colloque Société nationale de protection de la nature, 2002-06-05/2002-06-07, (Guadeloupe).

Les Îles de la Petite Terre (Commune de la Désirade, Guadeloupe), situées entre la Pointe des Châteaux de la Grande Terre et l'Île de la Désirade, comprennent deux îles, Terre de Bas (117,1 ha) et Terre de Haut (31,5 ha). Propriété du Conservatoire de l'Espace Littoral et des Rivages Lacustres, elles bénéficient du statut de Réserve Naturelle terrestre et marine depuis 1998 en raison, entre autres, de leur rôle de site de ponte pour deux espèces de tortues marines, de la présence d'une riche avifaune migratrice, de la nidification d'espèces d'oiseaux ailleurs rares et chassés et de la présence d'espèces endémiques, localisées ou en voie de disparition à la Guadeloupe: quatre reptiles, un crabe terrestre et un arbre, le Gaïac (Guaiacum officinale). Ces îles constituent surtout un écosystème original dont la biomasse de vertébrés est dominée par l'Iguane des Petites Antilles (Iguana delicatissima), un reptile végétarien de grande taille, endémique du nord des Petites Antilles ou il ne vit plus que dans certaines îles, souvent en très petites populations. L'espèce est actuellement Vulnérable (statut UICN) dans l'ensemble de son aire de répartition du fait de la destruction de son habitat, la prédation par des espèces allochtones, la compétition avec les herbivores domestiques, la chasse, les persécutions humaines et le risque de compétition ou d'hybridation avec l'Iguane commun (Iguana iguana). Afin de compléter les informations scientifiques disponibles et de fonder rationnellement un plan de gestion, le gestionnaire de la réserve a confié à l'association naturaliste AEVA le développement d'études destinées à apprécier l'effectif de cette population et ses fluctuations inter annuelles. Une méthode de dénombrement sur transect, modélisant la détectabilité des individus en fonction de la distance, a été adaptée à l'espèce et aux conditions locales. Reproduite annuellement entre 1995 et 2002, à l'exception de l'année 1997, elle a permis d'établir la corrélation entre d'importants déclins de la population et deux évènements climatiques majeurs, le passage de deux ouragans en 1995 et une période prolongée de sécheresse en 2001. L'effectif de cette population, en dehors des périodes consécutives à ces évènements, est estimé à environs 10 000 individus adultes. Cette estimation lui confère le statut d'une des trois plus importantes populations mondiales de l'espèce avec celles des îles de la Dominique et de la Désirade. L'effectif de cette population et sa répartition en deux sous-ensembles (Terre de Bas et Terre de Haut), la situation géographique et le statut de protection du site ainsi que l'absence locale actuelle des menaces précitées, confèrent à la Réserve Naturelle des Îlets de la Petite Terre un rôle de premier plan dans le domaine de la conservation et de l'étude de la biologie et de l'écologie d'Iguana delicatissima. La discussion porte également sur diverses hypothèses relatives à l'origine de la population actuelle et sur la nature de facteurs locaux susceptibles d'en limiter la pérennité. (Texte intégral)

Mots-clés : iguana; population animale; dynamique des populations; densité de population; guadeloupe; france; iguana delicatissima

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