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Etude des interactions Bemisia begomovirus plantes maraîchères en Guadeloupe

Urbino C., Boissot N., Pavis C., Sauvion N., Lafortune D., Gamiette F.. 2003. In : Kahane Rémi (ed.). Productions maraîchères et horticoles : sessions lutte intégrée et agronomie. Montpellier : CIRAD-FLHOR, 1 Cd-Rom. Journées annuelles du FLHOR, 2002-08-26/2002-08-27, Montpellier (France).

Depuis le début des années 90, on observe dans la zone Caraïbe et en Amérique centrale des pullulations d'aleurodes de l'espèce Bemisia tabaci, biotype B. Ce biotype induit des pertes économiques très importantes sur les cultures de tomate, haricots et Cucurbitacées, soit en tant que ravageur soit en tant que vecteur de begomovirus (Geminiviridae). En Guadeloupe et en Martinique, les populations de cet aleurode sont importantes et une maladie à begomovirus a envahi les cultures de tomate depuis 1993. Elle se manifeste par des déformations et enroulements foliaires, des mosaïques jaunes, une coulure des fleurs et un rabougrissement des plantes. En 1993, les pertes de rendement ont été estimées à 80%. Les producteurs disposent de peu de moyens efficaces pour lutter contre ces maladies par la voie chimique ou en lutte génétique. Ces solutions restent fragiles et risquées pour les équilibres écologiques face à des complexes virus/vecteur en pleine évolution. Le programme de recherche "Interactions Bemisia/begomovirus/plantes maraîchères" est basé à l'Unité de Recherches en Productions Végétales (URPV) de l'INRA Antilles-Guyane en Guadeloupe. Il a pour objectif la mise au point, pour différents systèmes de culture, de méthodes de lutte intégrée contre B. tabaci et les begomovirus qu'il transmet. Il est focalisé sur deux pathosystèmes: melon/B. tabaci qui permet d'appréhender la seule relation plante-insecte (actuellement pas de begomovirus sur le melon dans la Caraïbe), et tomate/B. tabaci/begomovirus; ce pathosystème nous permet d'étudier les interactions entre le virus et son vecteur, et entre le pathogène et la plante. La maladie à begomovirus de la tomate fait depuis 1997 l'objet d'un partenariat entre le CIRAD FLHOR et l'INRA avec l'accueil d'un chercheur virologue CIRAD au sein du programme qui comprend en outre deux généticiens et deux entomologistes INRA. Les objectifs du programme sont les suivants: 1) caractériser les begomovirus de la tomate et les aleurodes présents en Guadeloupe, 2) comprendre la dynamique des populations du vecteur et l'épidémiologie de la maladie, 3) rechercher des sources de résistance du melon à B. tabaci et de la tomate aux begomovirus, 4) conduire l'analyse génétique de ces résistances dans l'optique d'une sélection assistée par marqueurs, 5) analyser les mécanismes de résistance du melon à B. tabaci et de la tomate aux begomovirus et 6) évaluer la durabilité des résistances construites. Ces différents objectifs sont réalisés dans le cadre de collaborations avec des instituts français et étrangers. Ainsi, la résistance du melon à B. tabaci est travaillée en partenariat avec les équipes de l'INRA d'Avignon pour la recherche de sources de résistance et l'analyse génétique et l'UCB de Lyon I pour les tests de résistance. Pour la tomate, l'objectif est de construire des résistances durables, qui associent des résistances généralistes (i.e. aux begomovirus) et spécifiques. Ces travaux seront menés en collaboration avec le CIRAD-3P à La Réunion, où sévit le TYLCV-Is1 et l'IIHLD2 à Cuba, où le HTV3 est présent en infection mixte avec le TYLCV-Is. En ce qui concerne la lutte intégrée contre les maladies à begomovirus, une approche basée sur la compréhension du développement des épidémies a été développée dans le projet BETOCARIB (BEgomovirus diseases management for sustainable production of TOmato in the CARIBbean). Les objectifs sont d'étudier la dynamique de population de l'insecte vecteur, d'identifier les facteurs permettant la dissémination des begomovirus et de comprendre les phénomènes conduisant au développement des épidémies. Des modèles seront construits et validés pour expliquer les épidémies (partenariat avec le NRI4). Enfin, des stratégies de lutte, incluant les pratiques culturales, les variétés résistantes seront évaluées au champ, et leur impact économique sera mesuré. Des études seront réalisées en concertation dans 5 îles avec 6 instituts de recherche : Cuba (CENSA5, IIHLD), Républiq...

Mots-clés : culture maraîchère; bemisia; virus des végétaux; bemisia tabaci; biotype; maladie des plantes; insecte nuisible; rendement; vecteur de maladie; contrôle de maladies; relation hôte pathogène; lutte intégrée; pouvoir pathogène; résistance aux maladies; caraïbes; amérique centrale; guadeloupe; martinique; france

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