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Cohérence entre systèmes techniques et systèmes sociaux et territoires : le cas de la province de Ouest-Kalimantan, Indonésie

Penot E.. 2003. In : Dugué Patrick (ed.), Jouve Philippe (ed.). Organisation spatiale et gestion des ressources et des territoires ruraux : actes du colloque international, 25 - 27 février 2003, Montpellier, France. Montpellier : CIRAD, 1 Cd-Rom. Colloque international sur l'organisation spatiale et gestion des ressources et des territoires ruraux, 2003-02-25/2003-02-27, Montpellier (France).

L'intégration puis le développement des systèmes agroforestiers traditionnels dans les exploitations agricoles de Ouest-Kalimantan (Indonésie) ont permis une évolution progressive et sans ruptures brutales vers des systèmes sociaux différenciés en cohérence avec les systèmes techniques dans un contexte diversifié caractérisé par une mosaique ethnique. La permanence des pratiques forestières sur longue période pour les systèmes hévéicoles extensifs locaux (appelés jungle rubber) a été favorisée par cette cohérence maintenue entre systèmes techniques et systèmes sociaux. Les populations Dayaks (groupes Bidayuh à Kalimantan), les Malayus et les transmigrants Javanais ont créé des systèmes de tenure foncière et des lois coutumières ("Adat" en indonésien), en fonction de leur besoin de contrôle de l'espace et de la main d'oeuvre susceptible de faciliter la production agricole et la reproduction de leurs systèmes sociaux. Par contre, l'adoption des plantations pérennes (des jungle rubber en particulier), la spécialisation et la sédentarisation conséquente ont individualisé les comportements et provoqué une évolution de certains facteurs de ces systèmes sociaux dans le sens d'un relâchement partiel du contrôle social. Le foncier et le facteur travail (utilisation de la main d'oeuvre) apparaissent comme des critères pertinents pour caractériser l'adaptation des systèmes sociaux aux systèmes techniques et, historiquement, leur mise en cohérence. Les modes originels d'organisation et d'utilisation de la main d'oeuvre des systèmes collectifs liés à l'agriculture itinérante (avec réciprocité) s'orientent maintenant vers des systèmes plus individualisés et spécialisés en cultures pérennes (hévéa, puis palmier à huile...). L'utilisation des différentes formes de mobilisation du travail a suivi l'évolution des systèmes de culture, des changements techniques et les nécessités des systèmes de production (en fonction des coûts et des besoins réels) avec la transformation progressive d'une agriculture itinérante à une agriculture familiale de plantation. On constate finalement une lente évolution des systèmes sociaux en rapport avec un contexte indonésien économique et politique en pleine expansion en particulier dans les années 1970-90, avec une nette accélération depuis 1990. On peut cependant se poser la question de la limite de la flexibilité des systèmes et de leur mise en cohérence l'un l'autre si cette accélération dépasse les possibilités "d'évolution sociale" et d'intégration. Le système social s'adapte aux contraintes techniques et ses règles intègrent les nécessités du terrain et des activités qui régissent la communauté. Le changement technique, progressif, a généré des trajectoires différenciées. Les innovations techniques (l'intégration du clone dans les systèmes agroforestiers, intensification...) induisent des contraintes en travail et capital importantes. Les facteurs d'évolution sont liés aux éléments suivants : a) évolution des besoins globaux et du revenu, b) diminution du risque agricole, c) augmentation de la productivité globale des systèmes de culture, d) optimisation du facteur travail et e) minimisation du capital investi/intrants. Dans les années 1990, on observe une accélération nette des besoins tant quantitatifs que qualitatifs des populations rurales. Les systèmes sociaux se sont donc adaptés aux systèmes techniques, à leurs contraintes et à leur évolution en fonction des trajectoires technologiques permises par le changement technique ce qui a aboutit à une recombinaison des savoirs. Utilisation nouvelle des territoires villageois permise par l'évolution des ténures foncières et mode de mobilisation du travail sont les deux facteurs qui ont été choisis pour illustrer cette mise en cohérence. L'angle d'analyse est ici celui de la perspective entre systèmes techniques et systèmes sociaux et la façon dont certains facteurs de production (foncier et travail) sont gérés de manière individuelle ou collective par les ...
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