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Projet de réhabilitaion de la cocoteraie mahoraise. Appui technique au lycée agricole de Coconi, maître d'ouvrage du projet, pour l'identification d'aleurodes et de cochenilles inféodées au cocotier, menaces potentielles pour le projet de réhabilitation de la cocoteraie mahoraise : compte rendu de mission réalisée du 7 au 13 juillet 2003

Ollivier L.. 2003. Montpellier : CIRAD-CP, 38 p.. numero_rapport: CP_SIC 1653.

Le Conseil Général de Mayotte a décidé de mettre en place un Projet de développement à long terme pour la réhabilitation de la cocoteraie mahoraise et a désigné le lycée agricole de Coconi, comme maître d'ouvrage du Projet, et site pilote pour la mise en place des champs semenciers pour la production de semences de différents types de cocotiers (cocotiers Grands, cocotiers hybrides et cocotiers Nains). Rappelons que l'objectif principal du Projet est de permettre le renouvellement et la replantation de la cocoteraie mahoraise, par la mise en place d'un système pérenne pour la fourniture, aux agriculteurs et aux villageois, de semences et de plants de cocotiers sélectionnés. Nos prospections dans 30 sites répartis sur l'ensemble de la Grande Terre de Mayotte ont révélé l'existence sur Coco nucifera L. de populations non négligeables d'Oryctes monoceros, de cochenilles Diaspididae, Coccoidea et Pseudococcidae, d'Aleyrodidae du genre Aleurotrachelus, Paraleyrodes, d'une nouvelle espèce de Stenaleyrodes et de Fumagine. Notre échantillonnage et les identifications des spécimens récoltés permettent de révéler que les deux espèces affectant la cocoteraie Comorienne sont également présentes à Mayotte et peuvent par conséquent, présenter une réelle menace pour la cocoteraie Mahoraise, en particulier dans la perspective du projet de replantation cocotier. De plus, un aleurode, Stenaleyrodes sp., non identifié à ce jour aux Comores, a été largement observé sur l'île. Cet aleurode présente l'originalité d'être une espèce nouvelle, non encore décrite. Elle est inféodée au cocotier et on ne connaît pas son impact sur la plante. La présence de ces aleurodes et cochenilles induit la formation de fumagine sur les organes foliaires, ce qui a pour effet, en réduisant l'assimilation chlorophylienne, d'affaiblir l'arbre. C'est d'ailleurs la présence de fumagine elle-même qui retient visuellement l'attention et qui alerte les autorités locales. L'ensemble de nos observations sur l'île de Mayotte au moment de la réalisation de notre mission révèlent qu'Aleurotrachelus atratus et P. bondari sont répartis uniformément sur toute la Grande Terre avec cependant d'importants foyers dans et la périphérie de la capitale. Paraleyrodes est souvent associé à Aleurotrachelus mais A. atratus domine toujours largement. Au cours de cette courte mais dense mission des prédateurs et parasitoïdes ont été récoltés, dont deux espèces distinctes de coccinelles, Chiliocorus nigritus Fabricus et Exochomus laeviusculus Weise, prédateurs potentiels des cochenilles et aleurodes répertoriées. Des parasitoïdes Chacidoidea du genre Encarsia (espèce peut-être inconnue) associés à Stenaleyrodes ont été récoltés sur un site particulier de l'île. Il est préconisé de réaliser une surveillance du niveau des populations des aleurodes identifiés trois fois par an dès octobre 2003 à partir de six sites sélectionnés (Dzoumogné, Combani, Tsinkoura, Bandrelé et Mamoudzou) et d'évaluer ainsi l'évolution des attaques au cours du temps.

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