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Pertes en carbone par érosion et drainage et variations de stocks de C en deux ans sous différentes pratiques en culture bananière (Martinique)

Blanchart E., Roose E., Khamsouk B., Dorel M., Laurent J.Y., Larré-Larrouy M.C., Rangon L., Pinot J.P., Louri J.. 2004. In : Roose Eric, De Noni Georges, Prat Christian, Ganry Francis, Bourgeon Gérard. Gestion de la biomasse, érosion et séquestration du carbone. Erosion du carbone. Paris : IRD, p. 95-107. (Bulletin du réseau érosion, 22). Colloque international sur l'influence de la gestion de la biomasse sur l'érosion et la séquestration du carbone, 2002-09-23/2002-09-28, Montpellier (France).

Aux Antilles, la culture de la banane semble affecter la qualité des sols et a des conséquences importantes sur l'environnement en terme de pollution des eaux de surface ou souterraines par les pesticides. Des nouvelles techniques de culture sont actuellement testées dans le but de limiter les intrants de pesticides, les pertes en pesticides et nutriments, les pertes en terre par érosion et les pertes en carbone C du sol. Le suivi des teneurs en matière organique MO du sol et des exportations de C sous forme gazeuse (par minéralisation de la MO), solide (par érosion) et soluble (dans les eaux de ruissellement et de drainage) détermine en effet la durabilité d'un agro-écosystème et la capacité d'un système sol-plante à stocker ou libérer du C. Les implications sont donc agronomiques et environnementales (limitation des gaz à effet de serre). A la Martinique, des rotations culturales (canne à sucre, ananas à plat, ananas mécanisé et billonné) ont été introduites ou non dans une culture de banane. Trois niveaux de pente ont été étudiés (10, 25 et 40%). les pertes en C sous forme solide et soluble ont été mesurées dans chacun de ces traitements et comparés avec des parcelles en sol nu. Parallèlement, les variations de stocks de C ont été suivies sur deux ans. Les résultats montrent que les stocks de C évoluent peu en deux ans (légère augmentation ou conservation des stocks), excepté dans les parcelles "sol nu" où les stocks perdent 2 à 4 tC/ha/an. Les pertes en C sont relativement importantes, notamment sous forme solide dans les parcelles "sol nu" (2,576 à 6,076 tC/ha/2 ans selon la pente), intermédiaires et principalement sous forme solide dans la parcelle "ananas billonné" (0,693 tC/ha/2 ans), et faibles dans les parcelles en canne à sucre (0,086 à 0,094 tC/ha/2 ans), ananas à plat (0,091 tC/ha/2 ans) et banane pérenne (0,098 à 0,108 tC/ha/2 ans) (dans ces dernières parcelles, les pertes en C se font essentiellement sous forme soluble). Après avoir estimé ou calculé les entrées de C, nous avons pu calculer les bilans de C et déduire les pertes par minéralisation qui sont bien supérieures dans les traitements cultivés aux pertes par érosion ou drainage (> 10 tC/ha/2 ans). Sur la parcelle "sol nus", les pertes de C par minéralisation (4,81 tC/ha/2 ans) sont du même ordre de grandeur que les pertes de C par érosion + drainage. (Résumé d'auteur)

Mots-clés : musa; ananas comosus; saccharum; nitosol; cycle du carbone; Érosion; drainage; rotation culturale; terre en pente; litière végétale; ruissellement; séquestration du carbone; martinique; france

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