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Valorisation agricole des milieux de savanes en Afrique de l'Ouest : des résultats contrastés

Faure G.. 2005. Les Cahiers d'Outre-Mer, 58 (229) : p. 5-24.

Les savanes d'Afrique de l'Ouest, du Sénégal au Tchad, constituent des territoires homogènes qui, d'un point de vue écologique, sont définis par une végétation formée d'un tapis herbacé et d'une strate arbustive, résultant d'un climat à une saison des pluies et une longue saison sèche. Elles sont marquées par l'histoire de sociétés largement rurales, souvent islamisées, qui ont peuplé ces espaces en incluant des zones fortement habitées et des zones vides, en développant des systèmes de production variés comprenant une gamme étendue de produits agricoles, avec des conditions spécifiques liées à la pluviométrie et aux sols et dans un environnement économique plus ou moins stimulant. La croissance démographique et les changements rapides de l'environnement économique bouleversent l'économie de ces savanes en général peu préparées à ces évolutions. L'accès aux ressources (eau, terres, bois, pâturages, etc.) et la gestion durable de ces ressources et des espaces deviennent les enjeux majeurs du XXIème siècle, avec des situations contrastées suivant les potentialités agro-écologiques du milieu. Par ailleurs, les centres urbains en pleine expansion structurent de plus en plus l'espace, notamment parce qu'ils constituent des marchés susceptibles de renforcer la productivité des agricultures. La mise en place de politiques d'ajustement structurel et la libéralisation progressive des marchés affectent le fonctionnement des filières (céréales, arachide, coton, viande, etc.) et les modalités de gestion de l'espace rural. Elles débouchent sur l'émergence de nouveaux acteurs (organisations de producteurs, collectivités locales, sociétés privées, etc.) et favorisent une différenciation plus forte entre exploitations agricoles ou entre régions selon la théorie des avantages comparatifs (Cleaver et al., 1992). C'est dans ce contexte que se pose la question de l'avenir des zones de savanes. Les études, inspirées d'une vision malthusienne, concluant à une dégradation irréversible du milieu à la suite d'une pression anthropique croissante, sont-elles justifiées ? Ou bien peut-on considérer, avec Boserup (1970), que les communautés rurales sont susceptibles d'identifier des innovations pour accroître la production et aménager leur espace ? Les capacités d'adaptation des sociétés rurales africaines auront-elles la souplesse nécessaire pour affronter ces changements des milieux physique et économique ? Quelles évolutions peut-on d'ores et déjà identifier au sein de ces sociétés et de ces espaces ? (Résumé d'auteur)

Thématique : Economie et politique du développement

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