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Régénération des prairies de kikuyu envahies par Sporobolus fertilis : exemple d'un essai expérimental en élevage de cerviés à la Réunion

Thomas P., Rérolle X., Grimaud P.. 2003. In : Grimaud Patrice (ed.). Les ruminants : élevage et valorisation. Résumés des présentations et posters du symposium régional interdisciplinaire, St-Denis de la Réunion, 10-13 juin 2003. Montpellier : CIRAD, p. 20-20. Symposium régional interdisciplinaire sur les ruminants, élevage et valorisation, 2003-06-10/2003-06-13, Saint-Denis (Réunion).

Le kikuyu (Pennisetum clandestinum) est une graminée fourragère tropicale très présente dans les prairies de moyenne altitude à la Réunion. Grâce à son port stolonifère, il forme généralement un couvert végétal abondant et résistant et laisse peu d'espace aux adventices. Mais dans les cas extrêmes, des pratiques culturales inadaptées peuvent entraîner la dégradation des prairies à base de kikuyu. Cette dégradation se traduit souvent par l'apparition au sein des parcelles d'espèces envahissantes qui colonisent les espaces laissés vacants par le kikuyu ayant disparu. Un essai expérimental a été mené dans un élevage de cervidés où le surpâturage, et même à certaines périodes de l'année la sous exploitation de l'herbe, ont contribué à l'apparition et la prolifération d'une graminée indésirable, Sporobolus fertilis. S. fertilis, contrairement au kikuyu, est une graminée tropicale cespiteuse, ayant une fructification très abondante qui la rend très agressive et lui confère un pouvoir colonisateur extrêmement important. Cet essai a montré la possibilité, grâce à des pratiques de gestion des prairies raisonnées combinant stades d'exploitation optimums, hauteurs d'herbe entrée/sortie proches des références techniques souhaitables et plan de fertilisation adéquate, de régénérer les prairies de kikuyu. Les résultats ont montré que la fertilisation (57 unités d'azote, 43 unités de phosphore et 93 unités de potassium) favorise la productivité du kikuyu, même si les rendements observés sont inférieurs aux rendements théoriques (2,9 t MS / ha à 70 j de repousse vs. 4,4 t), et en dépit d'une réaction également favorable de S. fertilis aux apports d'éléments fertilisants. Mais, c'est la hauteur d'herbe en sortie de parcelles, après le passage des animaux qui influe le plus sur le rapport kikuyu / S. fertilis. Des hauteurs supérieures à 15 centimètres ou inférieures à 5 centimètres pénalisent la repousse du kikuyu qui dans le premier cas, manque d'espace étouffé par le S. fertilis inappété, et dans le second, voit son potentiel de croissance largement diminuer par le surpâturage. Un rythme de pâturage tournant permettant d'obtenir des hauteurs d'herbe de 10 centimètres après le passage des animaux favorisera d'autant plus la repousse et le maintien du kikuyu que s'il est combiné à un plan de fertilisation équilibré satisfaisant les besoins nutritionnels de la plante et lui permettant d'exprimer son potentiel de production. (Texte intégral)

Mots-clés : pâturages; pennisetum clandestinum; cervidae; dégradation de l'environnement; plante nuisible; réunion; france

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