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Le rôle de l'agriculture calédonienne dans la construction de nouveaux équilibres territoriaux et humains

Pedelahore P.. 2004. Montpellier : CIRAD-TERA, 152 p.. numero_rapport: CIRAD-TERA N° 66/04.

Le secteur agricole Calédonien ne représente plus aujourd'hui que 10% de la population et 2% du produit intérieur brut (PIB) de ce territoire insulaire. Ces données statistiques et économiques donnent cependant une vision incomplète de l'importance de cette activité puisque l'espace rural constitue le lieu de vie et d'intégration sociale d'encore 30% de la population calédonienne et qu'une partie non négligeable de la production agricole est auto consommée. Cette réalité est particulièrement forte pour les calédoniens d'origine mélanésienne puisque 62.5% d'entre eux demeurent en tribu et y consomment des produits alimentaires en majorité non achetés. L'agriculture peut donc apparaître comme un secteur susceptible de participer aux efforts de développement économique et de rééquilibrages territoriaux et humains (mélanésiens/européens) engagés par la Calédonie depuis la signature des accords de Matignon (1988). Quinze ans après la mise en oeuvre de ces accords, l'analyse des données socio-économiques fait apparaître un bilan mitigé. Si la production agricole marchande (PAM) a enregistré une expansion comparable à celle de l'économie du territoire, les disparités entre régions et entre ethnies restent fortes et ont même connu une certaine aggravation. L'augmentation de la production agricole marchande (PAM) s'est accompagnée d'une forte diminution du nombre d'exploitations (8.460 en 1991 et 5.574 en 2002) et traduit des dynamiques de professionnalisation de l'agriculture qui aboutissent à concentrer aujourd'hui 80% de la PAM sur moins d'un millier d'exploitations. Une analyse plus précise de l'évolution des différents types d'exploitations montre que l'on assiste également à une forte augmentation du poids relatif des exploitations à orientation non marchande (auto-consommation, échanges coutumiers...) et des ménages agricoles pluri-actifs. Ainsi, pour la grande majorité des ménages agricoles, en particulier mélanésiens, l'agriculture constitue une activité de subsistance et patrimoniale qui ne joue qu'un rôle limité dans l'intégration de la population active dans l'économie de marché. Ces réalités, et les objectifs de rééquilibrage, incitent au renforcement de mesures d'appui non plus sectorielles mais territorialisées à mettre en oeuvre au niveau tribal et communal.

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