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Instabilité des prix et information sur les marchés horticoles au Sénégal : reshaping market information services. Case study on vegetables in Senegal

David-Benz H., Wade I., Egg J.. 2005. In : Parrot Laurent (ed.), Kahane Rémi (ed.). Rapport final de l'Atelier international "Agriculture et développement urbain en Afrique de l'ouest et du centre", du 31 octobre au 3 novembre 2005, Yaoundé, Cameroun. Yaoundé : CIRAD, p. 14-14. Colloque Agricultures et développement urbain en Afrique de l'Ouest et du Centre, 2005-10-31/2005-11-03, Yaoundé (Cameroun).

La production horticole a connu au Sénégal un développement très rapide au cours des dernières années, notamment du fait de I'accroissement de la demande urbaine. Mais les producteurs sont confrontés à des risques de marché particulièrement élevés: pour certains produits, les prix varient de plus de 20% d'un jour à l'autre, l'amplitude des variations saisonnières est très importante et variable d'un année à l'autre. Pour limiter leur vulnérabilité, les acteurs de la filière ont développé différentes formes de coordination. Les «coxers» - intermédiaires présents à différents niveaux de la filière occupent ainsi une place centrale dans la circulation de l'information et la réduction des asymétries. Dans certains cas, des transactions liées permettent aux producteurs de disposer d'intrants et aux acheteurs de sécuriser leur approvisionnement. Plusieurs SIM concernant les produits horticoles ont été mis en place au Sénégal depuis les années 80. Mais ils ne sont que très peu utilisés par les producteurs. Par rapport aux dispositifs endogènes de gestion de l'incertitude, basés sur la coordination entre acteurs, ces SIM apparaissent peu efficaces. Un système d'information innovant, qui utilise les nouvelles technologies de l'information, est proposé par la société Manobi depuis 2002. Il permet d'avoir un accès très rapide et personnalité à l'information, et renforce la capacité de négociation des producteurs. Toutefois, l'utilisation de ce système n'entraîne pas de modification significative des modes de coordination. En effet, ceux-ci ne sont pas uniquement déterminés par des besoins en information, mais également par les liens sociaux, l'accès au crédit, les modalités de paiement, les moyens de transport... La réduction de l'incertitude par un apport externe d'information doit prendre en compte les différents types de décision des producteurs (de la planification des cultures jusqu'à la transaction de vente du produit) et la décomposition "des fluctuations de prix en différentes «pas de temps». Pour réduire les risques liés aux fluctuations de très court terme, un système d'information ne peut être efficace que s'il a recours aux nouveaux medias de communication. Mais cette information «spot» n'est pas en mesure de résoudre les problèmes de fluctuations saisonnières et inter-annuelles des prix. C'est alors une information plus analytique, prenant en compte une dimension rétrospective, qui est nécessaire. De plus, quelle que soit la sophistication de dispositifs d'information envisagés, des dimensions techniques sont bien entendu à prendre à compte pour pouvoir étaler la période de commercialisation (semences et intrants appropriées, équipement de stockage,...). Par ailleurs, pour limiter les variations cycliques intra annuelles, une meilleure information doit s'accompagner de coordination entre producteurs. La conception des systèmes d'information sur les marchés doit donc être repensée, en articulation avec les autres services à l'agriculture, et en prenant en compte le mode d'organisation des acteurs. (Texte intégral)
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