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Emergence de la fièvre catarrhale ovine dans le Bassin méditerranéen et surveillance entomologique en France

Baldet T., Mathieu B., Delecolle J.C., Gerbier G., Roger F.. 2005. Revue d'Elevage et de Médecine Vétérinaire des Pays Tropicaux, 58 (3) : p. 125-132.

DOI: 10.19182/remvt.9923

La fièvre catarrhale ovine (FCO) est une maladie virale qui est transmise par des moucherons piqueurs (Diptera : Ceratopogonidae) et émerge en Méditerranée depuis 1998. Cette émergence est reliée à l'expansion septentrionale de son vecteur principal Culicoides imicola Kieffer 1913. En France, C. imicola a été décelé dans le sud de la Corse en octobre 2000, quelques jours avant l'apparition de foyers de FCO sérotype 2. Un réseau de surveillance entomologique a été mis en place en 2002: (i) en Corse, pour étudier les dynamiques de populations de C. lmicola et des autres espèces de Culicoides associées aux élevages; (ii) sur le continent, pour détecter l'introduction de C. imicola. Des captures nocturnes ont été réalisées toutes les trois semaines sur 12 sites en Corse et une fois par mois sur 19 sites sur le continent. En 2002, en Corse, un total de 180 nuits de captures ont été effectuées. C. imicola comptait en moyenne pour 18 p. 100 des effectifs totaux capturés et prédominait au sud de l'île. Les densités adultes ont atteint un pic en septembre. La présence de C. imicola sur tous les sites et durant huit mois de l'année a confirmé que le vecteur principal de la FCO passait l'hiver et était installé durablement dans l'île. En outre, en 2003, les populations de C. imicola étaient en pleine expansion dans le Nord, particulièrement en Balagne. Le risque d'invasion du continent devient ainsi plus important. Sur le continent, sur un total de 233 nuits de captures réalisées en 2002-2003, deux spécimens de C. imicola ont été détectés en 2003 sur deux sites différents. Des investigations poussées n'ont pu mettre en évidence des populations locales installées. Les dynamiques saisonnière et spatiale de C. imicola et des autres espèces d'intérêt sont discutées en relation avec leur bioécologie et les facteurs environnementaux. Cette "entomosurveillance" apparaît indispensable pour une meilleure compréhension de l'épidémiologie de la FCO mais aussi pour élaborer et valider des modèles de prédiction de zones à risque.

Mots-clés : ovin; culicoides; fièvre catarrhale du mouton; surveillance épidémiologique; corse; région méditerranéenne; france

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