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Le baobab africain (Adansonia digitata L.) : principales caractéristiques et utilisations

Diop A.G., Sakho M., Dornier M., Cisse M., Reynes M.. 2006. Fruits, 61 (1) : p. 55-69.

DOI: 10.1051/fruits:2006005

Introduction. Très caractéristique des zones sahéliennes, Adansonia digitata L. appartient à la famille des Bombacacées. Essentiellement exploité à l'état spontané pour ses fruits ou ses feuilles, le baobab est ancré dans les cultures traditionnelles locales. La plante. Cet arbre imposant se distingue des autres espèces d'Adansonia endémiques à Madagascar et à l'Australie par son tronc très massif (10 m de diamètre), ses fleurs à port pendulaire et sa cime arrondie. Il produit des baies sèches de (150 à 300) g, à épicarpe très lignifié, le plus souvent ovoïdes et dénommées pain de singe. Les nombreuses graines sont noyées dans une pulpe blanchâtre et farineuse. Les feuilles composées comportent cinq à sept folioles digitées. L'aire de répartition du baobab est vaste. Très rustique, il est rencontré dans la plupart des régions semi-arides et subhumides du sud du Sahara ainsi que dans l'ouest de Madagascar. La phénologie de la plante est liée à la pluviométrie, la floraison et la feuillaison se déroulant pendant la saison humide. La pollinisation est assurée par des chauves-souris frugivores. La plante peut être propagée par semis ou multiplication végétative. Le fruit. Il se compose de (14 à 28) % d'une pulpe à faible teneur en eau, acide, amylacée, riche en vitamine C, en calcium et magnésium. Après séparation des graines par voie sèche ou humide, cette pulpe entre traditionnellement dans diverses préparations ou permet d'élaborer des boissons. Malgré une déficience en lysine et la présence de quelques facteurs antinutritionnels, les graines sont une source intéressante de protéines. Elles contiennent environ 15% de lipides. Après cuisson ou grillage, elles sont consommées directement ou utilisées comme épaississant sous forme de poudre. Les feuilles. Elles sont riches en vitamines (notamment C et A), en fer et contiennent des mucilages (10% ms). Les plus jeunes peuvent être consommées comme légume mais le plus fréquemment elles sont séchées puis réduites en poudre. Conclusion. La pulpe du fruit semble être le produit alimentaire issu du baobab qui présente le plus fort potentiel économique. Néanmoins, les marchés locaux restent à évaluer. Pour envisager le développement de la production, la culture contrôlée de la plante mériterait d'être envisagée.

Mots-clés : adansonia; caractère agronomique; fruits; feuille; utilisation; phénologie; pratique culturale; sénégal; baobab

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