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L'impact des négociations commerciales sur le secteur élevage en Afrique de l'Ouest

Cuzon J.R., Dieye P.N., Duteurtre G.. 2004. In : Pour des politiques d'élevage partagées : Actes de l'atelier régional sur les politiques d'élevage, Dakar, 17 et 18 novembre 2004. Rome : FAO, p. 39-40. Atelier régional sur les politiques d'élevage, 2004-11-17/2004-11-18, Dakar (Sénégal).

L'Afrique de l'Ouest connaît une ouverture croissante de ses marchés agricoles. Cette tendance semble devoir se poursuivre dans le cadre des négociations commerciales menées à l'OMC ainsi qu'entre l'Union Européenne et les pays ACP. L'objectif de ce papier est d'évaluer l'impact de ces négociations sur le secteur élevage en Afrique de l'Ouest. Les systèmes d'élevage ouest-africains, malgré leur faible niveau technique, sont fortement intégrés aux marchés par l'intermédiaire du commerce du bétail, du lait, ou des viandes avicoles ou porcines. L'ouverture des marchés en cours a de ce fait un impact important sur les filières nationales. Les quelques travaux récents menés sur ce thème montrent que la concurrence des produits importés est particulièrement vive dans le domaine des produits laitiers et surtout des viandes avicoles. Au Sénégal, les importations de cuisses de poulet ont augmenté de manière dramatique entre 1996 et 2002, passant de 500 à 16.600 tonnes. Ces importations sont constituées de morceaux congelés (86%), de poulets entiers congelés (13%) et de viande fraîche (1%). Elles se sont élevées à près de 10 milliards de Fcfa en 2003, ce qui représente l'équivalent du chiffre d'affaire de la production locale de poulets de chair. Les Pays-Bas et la Belgique comptent pour 62 % de ces importations, et le Brésil pour 24%. La part de marché des Etats-Unis et du Canada s'est considérablement réduite entre 2000 et 2003, passant de 15 à 2% du total des importations. Plusieurs facteurs expliquent ces poussées d'importations, au premier rand desquels on trouve la disponibilité sur le marché mondial de produits à des prix extrêmement bas. La production de poulet fermiers ne semble pas avoir été affectée par les importations en raison de la spécificité du marché du poulet de ferme. Mais les poussées d'importation ont gravement affecté la production nationale de poulets de chair. Alors que les organisations de producteurs évaluaient à 70% le nombre de fermes ayant disparu, les données issues de l'industrie montrent que le nombre de poussins de chair mis en élevage a diminué de seulement 30% entre 2001 et 2003, ce qui représente une crise "modérée". Certaines des fermes se sont reconverties dans l'élevage de poules pondeuses. Le secteur de la production d'oeufs de consommation est en effet très dynamique et représente le double du chiffre d'affaire de la production de poulets de chair. En dépit de son coût social, cette crise a eu un impact important en terme d'organisation de la filière et a abouti à l'émergence d'une Fédération Nationale des Acteurs de la Filière Avicole (la FAFA). La crise a d'autre part eu pour effet d'augmenter le niveau de segmentation des marchés et a contribué à progressivement modifier les usages alimentaires. La production de poulets de chair pourrait bénéficier d'une professionnalisation des producteurs et d'une meilleure organisation de la commercialisation. Les évolutions sont similaires au Ghana, en Côte d'Ivoire et dans certains pays d'Afrique centrale. Ces importations concurrencent le secteur avicole africain qui traverse une crise depuis 3 ans. Le secteur laitier est lui aussi de plus en plus concurrencé par les importations de poudre, mais cette concurrence est plus ancienne et limitée par la segmentation importante des marchés. D'autre part, l'importation de poudre a permis l'émergence d'unités de transformation laitières industrielles dont certaines se tournent aujourd'hui vers la collecte de lait local. Les pays africains doivent s'investir plus résolument dans les négociations commerciales afin de mieux utiliser les outils tarifaires (listes des produits de références, clauses anti-dumping, etc.) de mieux maîtriser les normes sanitaires et de mobiliser les opinions publics des pays du Nord. Pour cela, il apparaît nécessaire de renforcer les capacités des administrations impliquées dans les négociations et d'encourager les équipes de recherches nationales et régionales travaillant sur ce thè...

Mots-clés : Élevage; omc; production animale; commerce extérieur; importation; aviculture; concurrence économique; accord commercial; afrique occidentale

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