Publications des agents du Cirad

Cirad

Les producteurs d'agrumes en Guadeloupe et leurs pratiques. L'offre de formation aux producteurs en adéquation

Le Bellec F., Bonin M., Beauvois C., Renard-Le Bellec V., Tournebize R., Briand S., Denon D., Mauléon H., Petit J.M.. 2006. In : Le Bellec Fabrice. La production fruitière intégrée en verger en Guadeloupe. Intégration de la biodiversité dans les systèmes de culture : résumés des interventions, Vieux-Habitants (Guadeloupe), 9 novembre 2006. Montpellier : CIRAD, 1 p.. Journée sur la Production Fruitière Intégrée en Guadeloupe, 2006-11-09, Vieux-Habitants (Guadeloupe).

Mieux connaître les producteurs d'agrumes et leurs pratiques tels étaient les objectifs fixés à cette étude, ceci afin d'adapter nos services (opérations de recherche et de formation) en fonction du constat et des besoins exprimés. Quarante et une personnes des 90 producteurs d'agrumes recensés ont été enquêtées en 2006. Trois outils d'analyse ont été élaborés en ce sens : une typologie des producteurs, une typologie des pratiques et une analyse statistique des déterminants du choix pour une pratique, la gestion de l'enherbement. La typologie des producteurs d'agrumes de la Guadeloupe, basée sur la part des vergers dans les SAU et les productions principales, a mis en relief trois grands profils : 1/ Les "agrumiculteurs purs " dont les agrumes représentent l'activité principale. Ils sont en minorité dans le paysage agricole (27%). 2/ Les "doubles producteurs" (36.5 %) dont les agrumes sont leur première activité de diversification, et souvent la seule, la part dans la SAU reste cependant modeste. On peut diviser ce groupe en deux : les producteurs avec de petits vergers (+ ou - 1 ha) et ceux dont la surface moyenne atteint 4 ha. 3/ Les "diversifiés" (36.5%), lesquels ont au minimum 3 activités agricoles. Les agrumes représentent moins d'un quart de la SAU avec des vergers souvent inférieurs à 1 ha. La typologie des pratiques culturales observées en vergers d'agrumes a permis quant à elle de distinguer trois grands types : 1/ Les pratiques voisines d'un itinéraire technique de référence : elles sont réalisées par des producteurs détenant les savoir-faire relatifs à l'agrumiculture (39 % des enquêtés). Toutes, ou presque toutes, les étapes culturales sont effectuées. 2/ Les pratiques qui se rapprochent de cet itinéraire : ce type rassemble le plus grand nombre de producteurs (46 %). Leurs connaissances propres à l'agrumiculture sont moins précises. Certains producteurs adaptent des pratiques appliquées pour leur culture principale (les traitements notamment). 3/ Les pratiques plus éloignées de cet itinéraire : elles concernent une minorité de producteurs d'agrumes (15%). Ils suivent très peu l'itinéraire préconisé et n'ont pas des pratiques régulières. Plus généralement, les aspects sols et fertilisations sont moyennement maîtrisés par l'ensemble des producteurs, tandis que taille et suivi phytosanitaire sont mal maîtrisés par les deux derniers types. Le focus sur la gestion de l'enherbement [1/ gestion chimique, 2/gestion mécanique ou 3/gestion raisonnée (chimique et mécanique)] a permis de mettre en évidence statistiquement les facteurs influençant la façon de gérer ce poste: 1/ la surface des vergers. 2/ la topographie des parcelles. 3/ les terrains non mécanisables, qui n'offraient pas d'autres options que le recours, partiel ou total, au chimique. L'hypothèse selon laquelle le choix d'une gestion chimique de l'enherbement, celui qui est fait le plus souvent par les producteurs, n'est pas le simple fait de leur volonté mais dépend aussi de facteurs contraignants, a été confirmée. Les producteurs font donc appel aux herbicides par contrainte et non par choix, ceci est d'autant plus flagrant chez les "agrumiculteurs purs", chez qui seulement 10 % utilisent le tout chimique (hors contrainte particulière). L'offre de formation aux producteurs. De 2004 à 2006, 11 sessions de formation (42 jours, 7 à 15 personnes par session) ont été organisées afin de professionnaliser les différents acteurs de la filière, les fonds de formation (VIVEA et FAFSEA) les ont entièrement pris en charge. Ainsi, les techniciens du développement (Sica, Chambre d'agriculture...) mais aussi les producteurs et leurs salariés ont suivi ces formations à la production fruitière intégrée en verger (de la sélection des espèces à la récolte des fruits, en passant par la multiplication, la lutte intégrée, la fertilisation...). Malgré cela, cette enquête montre que l'effort de formation engagé doit être poursuivi. Car si, lors de notre étude, 60% des producteurs...
Communication de congrès

Agents Cirad, auteurs de cette publication :