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Les légumes feuilles des pays tropicaux : diversité, richesse économique et valeur santé dans un contexte très fragile

Kahane R., Temple L., Brat P., De Bon H.. 2008. In : Parrot Laurent (ed.), Njoya Aboubakar (ed.), Temple Ludovic (ed.), Assogba-Komlan Françoise (ed.), Kahane Rémi (ed.), Ba Diao Maty (ed.), Havard Michel (ed.). Agricultures et développement urbain en Afrique subsaharienne : environnement et enjeux sanitaires. Paris : L'Harmattan, p. 119-129. (Ethique économique). Colloque Agricultures et développement urbain en Afrique de l'Ouest et du Centre, 2005-10-31/2005-11-03, Yaoundé (Cameroun).

Les légumes d'Afrique et d'Asie concernent environ 884 et 1 025 espèces cultivées et sauvages respectivement. Sur les 275 espèces légumières les plus importantes d'Afrique tropicale, 207 sont consommées pour leurs feuilles, plus 31 connues et utilisées à d'autres fins, comme des plantes à racines ou tubercules, ou des arbres, dont les feuilles représentent un appoint alimentaire non négligeable. De nos jours, l'attention et les moyens sont concentrés sur un nombre limité d'espèces d'intérêt commercial, parmi lesquelles on retrouve les légumes occidentaux les plus "sophistiqués" (variétés sélectionnées). Pourtant, les légumes-feuilles traditionnels restent fortement consommés, certaines recettes locales ayant valeur de spécialité nationale. Leur diversité naturelle et les diverses sources d'approvisionnement leur permettent d'être présents sur les marchés tout au long de l'année. Leur achat régulier sous forme fraîche impose soit une proximité de production, soit une logistique performante. La plupart du temps, les légumes-feuilles tropicaux sont produits en zone urbaine ou périurbaine, moins fréquemment en zone rurale où des bassins se spécialisent en intégrant toute la filière. Cette production valorise des zones inondables, rarement propices à d'autres utilisations et procure un revenu rapide à des petits producteurs sans capacité d'investissement. La proximité des centres urbains est souvent mal perçue par les consommateurs, en raison des risques plus élevés de pollution (du sol et des eaux). La réalité est souvent autre, avec très peu de résidus de pesticides dans ces légumes, en raison du faible niveau d'intrant des cultures, contrairement à celui des bassins spécialisés. Les légumes-feuilles souffrent d'un manque d'organisation de leur production à leur commercialisation, et de la concurrence des légumes "modernes", révélateur du conflit des anciennes et des nouvelles générations. Le changement alimentaire des populations urbaines, plus grandes consommatrices de protéines animales et de céréales importées, s'accompagne souvent de carences vitaminiques liées au manque de fruits et légumes frais. Les légumes-feuilles tropicaux apportent pourtant 10 à 100 fois plus de micronutriments que la laitue, le chou ou le poireau. Cet argument de santé publique est à raisonner dans son contexte de production. (Résumé d'auteur)

Mots-clés : légume feuille; zone tropicale; consommation alimentaire; valeur nutritive; utilisation; biodiversité; recherche; afrique; asie

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