Publications des agents du Cirad

Cirad

Cacao : [2008]

Voituriez T.. 2008. In : Cyclope 2008 : les marchés mondiaux. Paris : Economica, p. 318-324. (Cyclope).

Le marché du cacao a été particulièrement agité en 2007. Dans une tendance haussière marquée, les cours ont commencé l'année autour d'un plateau de £ 900 la tonne sur le marché à terme de Londres, pour atteindre £ 1 150 en juillet, avant de s'effondrer au dernier trimestre, retomber sous les £ 950 puis, dans un dernier coup de théâtre, terminer l'année au-delà du pic de juillet, à près de £ 1 200 la tonne. Deux raisons peuvent expliquer ces soubresauts. La première tient à la météo. Dans un contexte de croissance de la consommation mondiale confirmée au dernier trimestre 2006, le début d'année 2007 a été marqué par l'anticipation d'une sécheresse prolongée dans les régions cacaoyères africaines, et la crainte d'une médiocre récolte intermédiaire attisée par l'harmattan. Les positions «longues» (ou positions d'achat) sur le marché à terme se sont alors multipliées, augmentant de 30% entre décembre et février, puis de près de 70% sur la période de décembre à juillet. Le second facteur, concomitant, réside dans l'arrivée massive d'ordres d'achat par les fonds d'investissement au premier semestre 2007, dans un regain d'intérêt généralisé de ceux-ci pour les «commodités». Météo et spéculation ont, en fin d'année, combiné à nouveau leurs effets, dans une direction inverse à la tendance du premier semestre cette fois. Sur fond de stabilisation de la situation politique en Côte-d'Ivoire, confirmée aux yeux du marché par la désignation de M. Soro au poste de premier ministre, le retour de précipitations normales au mois d'août et l'apurement brutal des positions prises par les fonds spéculatifs durant les huit premiers mois de l'année ont retourné le marché. Des 67 000 lots achetés à terme en juillet sur le marché de Londres, il n'en restait que 25 000 en août, l'essentiel des positions ayant été entre ces deux dates dénouées. L'annonce d'une bonne récolte principalement en Côte-d'Ivoire, la liquidation prolongée des positions des fonds et les statistiques décevantes des broyages nord-américains ont maintenu ensuite les prix sur le plateau de £ 950 la tonne. Puis sans raison véritable, selon les opérateurs du marché, les prix en décembre sont repartis sans crier gare à hausse. (Résumé d'auteur)

Mots-clés : fragmentation; investissement; offre et demande; prix de marché; commerce international; marché des produits de base; fève de cacao; monde; côte d'ivoire

Thématique : Commerce international; Agro-industrie

Chapitre d'ouvrage

Agents Cirad, auteurs de cette publication :