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Un nouveau répulsif actif contre les éléphants attaquant les récoltes au Zimbabwe : les premiers résultats d'un test effectué sur le terrain dans le Parc National de Hwange

Le Bel S., Lagrange M., Taylor R., Ndoro O., Barra M., Madzikanda H.. 2008. In : Le Bel Sébastien (ed.), Binot Aurélie (ed.), Mapuvire George (ed.). Actes du Regards croisés sur la Tapoa - Niger : a pan-african workshop on community-based natural resource management approaches, 10-17 March 2008. s.l. : s.n., 1 p.. Atelier d'échange d'expériences panafricaines sur les approches communautaires de conservation des ressources naturelles, 2008-03-10/2008-03-17, Niamey (Niger).

Avec l'augmentation des densités d'éléphants en Afrique australe et l'expansion des installations humaines dans des zones habituellement occupées par la faune, les communautés locales font face à de nombreux cas de conflits Homme-Eléphant (CHE). Au Zimbabwe, plus de 5000 cas de CHE ont été enregistrés entre 2002 et 2006. L'éléphant est l'animal le plus impliqué dans le contrôle d'animaux à problème (CAP) (80%). Le conflit Homme-Faune est un problème complexe, qui requiert une combinaison de stratégies pour gérer ce conflit par les communautés locales. Si le piment a déjà été testé avec succès sur les éléphants détruisant les récoltes comme un répulsif passif, son utilisation de manière active n'a pas été testée en raison du coût des produits disponible dans le commerce ou de la difficulté à les acheter. Comme partie intégrante d'un ensemble d'outils contre les CHE mis à disposition auprès des communautés rurale, l'Association des CAMPFIRE avec le support de BIO-HUB et des agents des parcs nationaux ont décidé de développer un système de projection actif de piment utilisable par les communautés contre les éléphants attaquant les récoltes. Deux systèmes ont été développés: une catapulte utilisant des balles d'argiles faites à la main et un lanceur à gaz utilisant du gaz inflammable. Ce dernier utilise en guise de munitions des balles de ping-pong remplies de piment, réduit en poudre ou d'huile pimentée. Les deux prototypes ont été testés dans des stands de tir et seul le lanceur à gaz utilisant des projectiles remplis d'huile pimentée, a été testé sur 24 éléphants dans le Parc National de Hwange. La distance moyenne de tir était de 46±4 mètres, allant de 15 mètres à 110 mètres. De manière significative, les distances de tir pour les mâles éléphants étaient plus courtes (38±4 mètres) que pour les femelles (55±6 mètres). Les tirs ont eu lieus aussi bien pendant qu'ils mangeaient, buvaient ou encore stationnaient simplement sur les routes. Cinquante quatre pour cent des tirs ont soit atteint directement l'éléphant soit atteint le sol juste à ses pieds, libérant les extraits d'huile pimentée sur l'animal visé. Lors des tirs, 46% des éléphants se sont enfuis, 29% ont reculé en marchant et 25% n'ont pas modifié leur comportement. De façon significative, les différences de réactions observées sont liées au succès de dispersion de l'huile pimentée sur l'animal visé. La proportion d'éléphants qui s'enfuient (27%) ou qui reculent (72%) sans avoir été arrosés par l'huile pimentée, suggère que le bruit produit par le tir à également un effet répulsif significatif. Après une minute, les 29% d'éléphants qui s'enfuient sont ceux qui avaient effectivement reçu de l'huile pimentée. Avant de tester cet outil auprès des communautés locales, une amélioration de la balistique sera menée pour augmenter la distance sécuritaire de tir à un minimum de 50 mètres. (Texte intégral)

Mots-clés : Éléphant d'afrique; zimbabwe

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