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Les orchidées épiphytes : sentinelles des changements globaux et locaux pour les écosystèmes forestiers de Petites Antilles ?

Feldmann P.. 2009. In : Joseph Philippe (ed.). Ecosystèmes forestiers des Caraïbes. Paris : Karthala, p. 301-311. Colloque International et Pluridisciplinaire sur Les Ecosystèmes Forestiers des Caraïbes : entre Ecologie et Developpement (de la Connaissance fondamentale à la Gestion Durable), 2005-12-05/2005-12-10, Trois-Ilets (Martinique).

Les écosystèmes forestiers tropicaux présentent une diversité biologique considérable, parmi les plus importantes connues sur le globe. Ils sont cependant considérés comme fragiles et sensibles aussi bien à l'impact direct des activités humaines qu'aux changements globaux que subit actuellement le globe terrestre. Le scénario moyen d'impact des changement climatiques évalue selon les approches les taux d'extinction d'espèces entre 15 et 37% à l'échéance de 2050 (Thomas et al., 2004). L'évaluation de ces impacts et la prévision de leurs conséquences nécessitent une analyse attentive de ces écosystèmes et des facteurs de leurs évolutions et de leurs interactions. Malgré la prise de conscience générale de l'ampleur des conséquences potentielles sur les écosystèmes forestiers, les données précises sont rares. Les inventaires effectués sur des groupes taxonomiques différents ne fournissent souvent pas d'informations concordantes et le manque d'informations de base sur certains groupes, pourtant écologiquement importants, est un handicap (Lawton et al., 1998). Des indicateurs sont recherchés pour pouvoir prévoir, évaluer, pour éventuellement prévenir ces impacts globaux. Ils doivent permettre également de faire la part des impacts plus locaux pouvant être provoqués par les activités humaines ou d'autres origines. La diversité des arbres, de la flore terrestre et de la macrofaune présente est souvent utilisée pour caractériser et évaluer les écosystèmes forestiers, par exemple par l'identification des ponts chauds de biodiversité (Myers et al., 2000). Les Antilles constituent ainsi un des 34 points chauds de biodiversité identifiés. L'utilisation du niveau d'endémisme et de celui de menaces fournit des informations complémentaires (Possingham & Wilson, 2005). Les épiphytes, par leur situation à l'interface des forêts et des flux de l'atmosphère, présentent un intérêt particulier pour comprendre le fonctionnement des écosystèmes tropicaux. Les plantes épiphytes sont très abondantes dans les forêts de montagne, qui semblent plus exposées aux changements climatiques (Pounds et al., 1999). Les écosystèmes forestiers tropicaux présentent des populations d'épiphytes originales comparées aux écosystèmes tempérés, en particulier par la présence de populations importantes de plantes vasculaires. A côté des Fougères, les familles de phanérogames essentiellement épiphytes que sont les Orchidaceae, les Araceae et, pour la zone néotropicale, les Bromeliaceae sont les mieux représentées. Les plantes épiphytes représentent près de 10% des plantes supérieures répertoriées sur terre (Kress, 1986). Elles ont fait l'objet de nombreuses études sur leur diversité, leur distribution et leur physiologie. Leur importance et leur localisation à des points-clés des flux d'eau et d'énergie dans les arbres, et en particulier de la canopée, sont à l'origine d'un rôle important sur les cycles minéraux et l'hydrologie des milieux. Ce sont aussi des ressources et des habitats importants pour la faune. Benzing (1998) montre ainsi dans sa synthèse sur les épiphytes des forêts tropicales leur situation centrale dans la structure et dans le fonctionnement de ces écosystèmes, en particulier dans les forêts de montagne. La sensibilité particulière de ce groupe d'espèces, utilisant les arbres comme support, à des changements environnementaux mineurs est mise en évidence. D'une manière générale, les épiphytes sont sensibles aux dynamiques écophysiologiques entre les cycles du carbone et de l'eau, aux polluants et aux stress divers (à l'inverse des plantes enracinées dans le sol). L'archipel des Petites Antilles présente encore des forêts tropicales bien développées et, pour les zones montagneuses, relativement épargnées par les activités humaines. La Guadeloupe est située en position centrale dans l'archipel, à mi-chemin entre l'Amérique du Sud et les Grandes Antilles. Sa forêt y est une des mieux préservées et sa flore une des mieux connues (Fournet, 2002). La famille

Mots-clés : changement climatique; Écosystème; forêt tropicale; Épiphyte; orchidaceae; petites antilles; guadeloupe

Thématique : Ecologie végétale; Taxonomie végétale et phyto-géographie; Foresterie - Considérations générales

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