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Techniques de fertilisation minérale du cacaoyer (Theobroma cacao L.) en Côte d'Ivoire : état des connaissances et perspectives

Koko L.K., Snoeck D., Kassin K.E., Ngoran K., Yoro G.R.. 2010. In : 16th International Cocoa Research Conference. Proceedings : towards rational cocoa production and efficient use ofr a sustainable world cocoa economy. Lagos : Cocoa Producers' Alliance, p. 581-592. Conférence Internationale sur la Recherche Cacaoyère. 16, 2009-11-16/2009-11-21, Bali (Indonésie).

En Côte d'Ivoire, la production cacaoyère est liée essentiellement à l'accroissement des superficies cultivées au détriment des reserves forestières. Actuellement, le vieillissement général du verger et la baisse de la fertilité des sols évoluent parallèllement. Dans ces cacaoyères, les chutes de rendement dû à l'appauvrissement des sols peuvent atteindre 30%. Pour replanter durablement le cacaoyer sur des précédents non forestiers (jachères naturelles, vieilles cacaoyères), une des solutions serait d'adopter des méthodes plus intensives parmi lesquelles une meilleure gestion de la fertilité du sol est une composante importante. Les acquis de la recherche cacaoyère en Côte d'Ivoire permettent de proposer plusieurs stratégies de fertilisation du cacaoyer. Les objectifs de cette communication sont : 1) de faire le point des techniques de fertilisation mise au point ; 2) d'évaluer l'adoption de ces techniques par les paysans; 3) d'identifier les perspectives de fertilisation du cacaoyer en Côte d'Ivoire. Ce travail de synthèse s'appui sur une enquête agronomique réalisée auprès de 800 cacaoculteurs dans les régions cacaoyères de la Côte d'ivoire. Premièrement, les besoins en engrais du cacaoyer peuvent être estimés rationnellement à partir du "diagnostic- sol" basé sur l'établissement des relations entre la production des cacaoyers et les caractéristiques chimiques du sol qui les nourrit. Avec cette technique, la production annuelle moyenne de cacao a été, à Divo (Centre-Ouest), de 3 050 kg/ha contre 1 990 kg/ha sans engrais durant 11 récoltes et, à Abengourou (Est), de 1 680 kg/ha contre 1 220 kg/ha durant 9 récoltes. Cette approche n'a jamais été adoptée par les paysans pour des raisons techniques et économiques. Deuxièmement, la recherche a expérimenté des formules complètes régionales basées sur l'utilisation de trois types d'engrais (phosphate supertriple, chlorure de potassium et kiésérite) à appliquer à Divo, Abengourou, Zagné (Ouest) et Soubré (Sud-Ouest). Pourtant, cette technique n'est pas connue des paysans. La troisième approche recommandée est la fertilisation avec un engrais N-PK-Mg de formule 0-23-19-5, appelé "formule simplifiée". Pendant cinq ans, un essai de fertilisation a montré que l'utilisation de cette technique donne des rendements en cacao statistiquement identiques au "diagnostic-sol". L'enquête a revelé qu'en milieu paysan, les cacaoyères sont fertilisées avec la "formule simplifiée", même si la fréquence d'application n'est pas respectée. Cette communication conclue sur les perspectives d'amélioration de cette "formule simplifiée" en y associant une fertilisation organique à base de compost de résidus d'écabossage.

Mots-clés : theobroma cacao; fertilisation; côte d'ivoire

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