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Impact des insectes piqueurs de cabosses sur la production du cacaoyer dans la région du Centre du Cameroun

Yédé, Babin R., Lordon-Djieto C., Cilas C., Dibog L., Mahob R.J., Bilong C.F.B.. 2009. In : Towards rational cocoa production and efficient use for a sustainable word coca economy : 16th International Cocoa Resarch Conference = 16ème Conférence internationale sur la recherche cacaoyère, Bali, Indonésie, 16-21 novembre 2009. s.l. : s.n., p. 1167-1171. Conférence Internationale sur la Recherche Cacaoyère. 16, 2009-11-16/2009-11-21, Bali (Indonésie).

Tout au long de leur croissance et de leur maturation, les fruits du cacaoyer subissent des attaques répétées d'insectes piqueurs. Au Cameroun, ces attaques sont majoritairement dues au miride Sahlbergella singularis. Mais d'autres espèces se nourrissent aux dépens des cabosses, parmi lesquelles les mirides du genre Helopeltis et les punaises Pentatomidae, Coreidae et Pyrrhocoridae. Lorsqu'ils sont fortement piqués, les jeunes fruits jaunissent et se dessèchent. En outre, les piqûres provoquent souvent une perturbation de la croissance des cabosses et par conséquent des pertes de production. Au Cameroun, il est de coutume de considérer que les pertes de production liées à ces attaques sont négligeables. Pourtant, peu d'études ont tenté de les évaluer. Entre 2003 et 2005, nous avons suivi le cycle de fructification et évalué les attaques d'insectes sur les fruits de 1080 cacaoyers, appartenant à 36 plantations paysannes de la région du Centre du Cameroun. Chaque semaine, les fruits sains et les fruits piqués étaient dénombrées sur la partie du tronc localisée entre 50 et 150 cm du sol. Les jeunes fruits piqués ayant subi des dégâts trop importants pour se développer étaient éliminés et comptabilisés de manière distincte. En outre, chaque année, trois cabosses mûres étaient échantillonnées au hasard sur chaque cacaoyer afin d'évaluer au laboratoire les pertes de poids et de fèves liées aux attaques d'insectes. Les dégâts d'insectes étaient alors évalués à l'aide d'une échelle de notation. Puis les cabosses étaient pesées et les fèves qu'elles contenaient étaient dénombrées et pesées. Les pertes de jeunes fruits dues aux attaques d'insectes piqueurs ont été évaluées à 3% du nombre total de fruits portés par les arbres, pour l'ensemble du réseau de parcelles et les deux années d'observation. Ces pertes ont montré une variabilité importante entre les parcelles, avec des valeurs oscillant entre 0 et 11%. Près d'un tiers des cabosses mûres échantillonnées présentaient des dégâts d'insectes piqueurs, et un peu plus de 10% d'entre elles présentaient des dégâts de S. singularis. Globalement, les cabosses piquées ont présenté une perte de poids significative de 4,3%. Cette perte de poids n'était pas liée à une réduction du nombre de fèves mais aux pertes combinées du poids des fèves fraîches (3,8%) et du cortex (4,4%). Ces résultats montrent que, globalement, les dégâts dus aux insectes piqueurs sont faibles mais non négligeables. Par conséquent, ils mériteraient d'être considérés dans les programmes de protection intégrée des cacaoyères particulièrement exposées aux attaques d'insectes. (Texte intégral)

Mots-clés : theobroma cacao; fève de cacao; insecte nuisible; sahlbergella; cameroun; sahlbergella singularis; cameroun centre

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