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A la recherche des politiques rurales en Nouvelle-Calédonie : Trajectoires des institutions et représentations locales des enjeux de développement (1853-2004). Document de travail du programme PROPOCID n° 6/09

Gaillard C., Pestana G., Sourisseau J.M.. 2009. Païta : IAC [Institut agronomique néo-calédonien], 89 p.. (Document de travail : projet Propocid, 06/09).

L'étude des trajectoires des politiques rurales en Nouvelle-Calédonie vise à expliciter leur construction locale. L'analyse est réalisée en mobilisant les concepts de référentiel et de matrices cognitives et normatives, et les notions articulées d'idées, d'intérêts, d'institutions et d'instrument. Sont étudiées les trajectoires des institutions et des enjeux locaux du développement rural depuis la prise de possession française de la Nouvelle-Calédonie en 1853, jusqu'en 2004, année d'élection qui marque l'avènement du développement durable dans les débats sur les politiques locales de développement. La phase de colonisation est marquée par une première bifurcation, le choix du peuplement de l'archipel grâce à la gestion foncière et de la main-d'oeuvre. Deux référentiels de référence sous-tendent les décisions politiques : le référentiel d'équilibre métropolitain et un certain libéralisme issu du modèle anglais. Les politiques rurales sont peu définies, l'archipel ayant des possibilités de mise en valeur agricole réduites. Un dualisme des politiques publiques est mis en place, les Kanak étant marginalisés suite aux spoliations foncières et à l'instauration du code de l'indigénat. Après 1946, le référentiel local se calque partiellement sur le référentiel global, des politiques interventionnistes se mettant en place en Nouvelle-Calédonie. La colonisation agricole est abandonnée mais la modernisation des exploitations familiales alors prônée ne s'amorce pas. Le dualisme se poursuit, se traduisant dans le secteur agricole par des aides destinées à l'agriculture européenne et par une marginalisation toujours forte du monde kanak. Le boom minier des années 1960 et le contre-boom consécutif provoquent une nouvelle bifurcation : le sentier de dépendance désormais suivi se fonde sur l'assistanat de l'économie locale. Le secteur agricole est reconnu non stratégique mais garde une place importante dans les politiques publiques (nombre d'actifs élevé, symbole identitaire). Les politiques rurales, toujours duales, l'appuient non pas techniquement, mais par des aides par le marché. Dans le même temps les réflexions autour d'un développement agricole kanak se mettent en place. Les Evénements de 1984-1988 conduisent à une institutionnalisation du dualisme des politiques publiques via la provincialisation. Le sentier de dépendance est toutefois peu modifié, les transferts financiers depuis la métropole se maintenant, voire augmentant. Les politiques publiques se réorganisent mais restent duales. Les aides sectorielles au monde rural se poursuivent, destinées principalement à l'agriculture européenne qui se structure. L'histoire des politiques publiques agricoles en Nouvelle-Calédonie est donc jalonnée de deux bifurcations principales et d'une rupture politique récente initiée par les Accords politiques de Matignon-Oudinot et de Nouméa. Elle apparaît marquée par un fort interventionnisme et par un dualisme se renforçant depuis la colonisation et conduisant à des politiques de développement différenciées.

Mots-clés : développement rural; politique de développement; politique agricole; industrie minière; histoire; nouvelle-calédonie; france; politique publique

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