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Gestion et valorisation des ressources microbiennes des sols pour une revégétalisation durable des milieux sahéliens

Duponnois R., Hafidi M., Ndoye I., Galiana A., Dreyfus B., Prin Y.. 2010. In : Dia Abdoulaye (ed.), Duponnois Robin (ed.). Le projet majeur africain de la Grande Muraille Verte : concepts et mise en oeuvre. Marseille : IRD [Marseille], p. 171-182.

Les perturbations observées dans la structuration du couvert végétal (diversité spécifique, abondance) permettent généralement d'évaluer l'impact des phénomènes de désertification dans l'évolution spatio-temporelle de la strate herbacée, arbustive et arborée. Parallèlement, la dégradation du couvert végétal aggrave les effets néfastes des processus d'érosion éolienne et hydrique sur la qualité des sols, en altérant leurs caractéristiques physiques, chimiques et biologiques. Plus particulièrement, la structure et la diversité fonctionnelle de la microflore tellurique, composante fondamentale dans la dynamique des principaux cycles biogéochimiques des sols (C, N et P), sont significativement modifiées et peuvent ne plus remplir leur rôle quant au maintien durable de la fertilité des sols et en conséquence, une productivité optimale de l'agro-système ou de l'écosystème. Parmi les composantes microbiennes majeures particulièrement sensibles à la désertification figurent les champignons mycorhiziens, microorganismes évoluant en symbiose avec les plantes et qui sont considérés comme des éléments clés dans le bio-fonctionnement du sol. Ces symbiotes fongiques optimisent la nutrition minérale des plantes (N, P) ainsi que leur résistance aux stress biotiques et abiotiques environnementaux. La gestion de cette ressource microbienne pour améliorer la croissance des plantes dans des sols dégradés est généralement envisagée selon deux approches : (i) une gestion du potentiel mycorhizien par des plantes hautement mycotrophes (ou plantes facilitatrices) ou (ii) un apport en masse d'une souche mycorhizienne préalablement sélectionnée pour un caractère donné (mycorhization contrôlée). Cet article présente les principaux acquis scientifiques et techniques obtenus au cours de ces dernières années montrant l'importance de la symbiose mycorhizienne dans la croissance des arbres et dans la réussite des plantations expérimentales en milieu aride, dans les zones méditerranéennes et sahéliennes. Ces résultats permettent également de proposer certains aménagements dans les itinéraires sylvicoles classiques pour valoriser pleinement les propriétés de la symbiose mycorhizienne afin d'assurer un maintien durable des opérations de revégétalisation des milieux dégradés. (Résumé d'auteur)

Mots-clés : sénégal; maroc; sahel

Thématique : Biologie du sol; Conservation de la nature et ressources foncières; Erosion, conservation et récupération des sols

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