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Les politiques de stabilisation des prix du riz à Madagascar

David-Benz H., Rakotoson J., Rasolofo P.. 2010. Paris : AFD, 13 p..

Contenu des politiques : Qu'est-ce qui a été fait ? De l'indépendance (1960) au début des années 70, l'Etat est intervenu de façon croissance dans la commercialisation et dans les grands bassins de production. De 1973 à 1977, le contrôle des sociétés publiques sur l'aval devient total. De 1980 à 1990, l'Etat se désengage progressivement ; le PAS s'accompagne de la réhabilitation des périmètres irrigués dont la gestion est transférée aux associations d'usagers de l'eau. Au cours des années 2000, les politiques visent à augmenter l'offre nationale par des appuis à la production et à réguler l'approvisionnement urbain par les importations. Processus : Comment cela a-t-il été fait ? L'extension de l'emprise de l'Etat jusqu'à la fin des années 70 est passée par le développement de sociétés d'aménagement dans les deux plus principaux " greniers à riz " et par des structures étatiques et paraétatiques qui détenaient le monopole de la collecte et de la distribution et contrôlaient les prix (au producteur et au consommateur). Après la libéralisation, les interventions de l'Etat sur le marché se sont centrées sur la fixation des prélèvements à l'importation (avec des taux qui ont varié de 30 à 0%) et sur des interventions ponctuelles comme facilitateur dans les importations aux périodes de crises. Les appuis à la production sont passés par des investissements dans les infrastructures hydro agricoles (réhabilitations), de l'incitation à l'intensification par des facilités d'accès aux intrants (avec récemment un accent sur le riz de contre-saison) et une incitation à l'extension des surfaces pluviales par l'accès à la mécanisation. Le microcrédit a également connu un essor important pour le financement de la production et du stockage. A partir de 2005, deux outils novateurs ont été mis en place pour améliorer le pilotage de la filière : un observatoire et une plateforme de concertation entre l'Etat et les acteurs de la filière. Pour quels résultats? La politique centralisatrice des années 70 a conduit à une destruction complète des réseaux de commercialisation et à une totale désaffection des producteurs pour le marché. La disponibilité par tête s'est effondrée (de 200 à 125 kg/per capita entre 1970 et 2000) et les importations se sont développées. Depuis 2002 la production affiche une nette progression et depuis 2005 les fluctuations des prix aux consommateurs se sont maintenues dans une amplitude " normale ", malgré un contexte national et international troublé. Quelles leçons pouvons-nous en tirer ? La période de mainmise totale de l'Etat a été catastrophique et le redressement long. Les signes positifs récents de l'évolution de la filière riz sont d'une part à mettre sur le compte des appuis à la production et du développement des infrastructures (irrigation et transport), d'autre part à une forme de gouvernance qui s'appuie sur des décideurs mieux informés et sur une certaine coordination entre les acteurs privés et l'Etat. Toutefois la concertation multi-acteurs ne réduit en rien les fortes asymétries : la convergence d'intérêt s'établi davantage sur la satisfaction des besoins des consommateurs urbains (dont la stabilisation des prix) que sur la défense des producteurs.....

Mots-clés : politique des prix; stabilisation des prix; riz; madagascar

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