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Occupation du territoire et gestion des ressources naturelles en contexte amérindien : le cas des Wayapi et Teko de Camopi en Guyane française

Tritsch I., Gond V., Oszwald J., Davy D., Grenand P.. 2011. In : ADSRDLF, Association de Science Régionale de Langue Française. Migrations et territoires : 48ème Colloque de l'ASRDLF, Schoelcher, Martinique, 6-8 juillet 2011. s.l. : s.n., 1 p.. Colloque ASRDLF 2011. 48, 2011-07-06/2011-07-08, Schoelcher (Martinique).

Les populations amérindiennes expérimentent depuis plusieurs décennies des changements sociaux-économiques et territoriaux importants, dans un contexte d'augmentation démographique forte. Nous nous intéressons à l'adaptation des systèmes d'occupation du territoire et d'exploitation des ressources naturelles des amérindiens de Guyane face aux contraintes exercées sur leur territoire et leur mode de vie. Quelle résilience des systèmes amérindiens d'utilisation du territoire et de ses ressources naturelles ? La concentration de l'habitat amérindien autour du bourg de Camopi, liée à l'implantation des infrastructures de type dispensaire et école, et à la promotion de l'habitat sédentaire, génère une pénurie des ressources naturelles et un mal-être social. Le système s'adapte par un éclatement de l'habitat en villages périphériques et par une extension des terroirs agricoles le long des fleuves, afin de retrouver de l'espace. Ces villages reproduisent un modèle d'organisation spatiale semblable à l'organisation traditionnelle des villages Wayãpi et Teko. L'habitat reste cependant sédentaire, les familles souhaitant voir leur village se faire équiper des services minimum : eau potable et électrification. La limite spatiale à l'éclatement de l'habitat demeure les déplacements journaliers vers l'école, et par conséquent la desserte par le transport scolaire. Ainsi, les services et infrastructures conditionnent l'occupation du territoire. Des abattis complémentaires sont maintenus à plus grande distance du bourg et l'habitat devient bilocal : un habitat principal desservi par les services et infrastructures, et un habitat secondaire, éloigné et itinérant, conditionné par la qualité des terres agricoles, les rendements de chasse, l'histoire du lieu et les réseaux familiaux. Le maintien de ces habitations éloignées est possible grâce à l'investissement des revenus issus des aides sociales dans le transport. Nous montrons ainsi que les systèmes amérindiens d'occupation du territoire et d'exploitation des ressources naturelles ont un potentiel adaptatif fort : ils s'appuient sur la recomposition de mobilités circulaires, organisées selon un gradient d'intensité d'utilisation des ressources, qui garantit la durabilité de leur système. (Texte intégral)

Mots-clés : population rurale; groupe éthnique; adaptation; gestion des ressources naturelles; utilisation des terres; organisation socioéconomique; aménagement du territoire; guyane française; france; développement territorial

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