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Huile de palme

Voituriez T.. 2011. In : Cyclope 2011 : les marchés mondiaux. Le printemps des peuples et la malédiction des matières premières. Paris : Economica, p. 391-393. (Cyclope).

Bis repetita. Le complexe des huiles végétales, au sein duquel l'huile de palme qui occupe depuis maintenant deux décennies la position d'huile la plus échangée dans le monde, a connu une année de hausse en 2010 semblable à celle de 2008 qui avait vu ses cours brutalement s'envoler. L'année a été scindée en deux: un premier semestre relativement étal et soudain la hausse. On ne peut comprendre cette hausse sans rappeler la particularité du complexe des huiles végétales : les huiles pour une large part sont substituables entre elles, leurs usages sont multiples - alimentation, oléochimie, biocarburant - de sorte que le marché dans son ensemble possède d'ordinaire la capacité de mutualiser les chocs qui peuvent survenir sur un segment particulier. Ce qui est arrivé en 2010 est une conjonction de facteurs qui ont grippé cette belle mécanique d'assurance. Les perspectives d'une récolte abondante de soja en Argentine et aux États-Unis ont tout d'abord maintenu les cours du complexe des huiles et graisses sous pression, l'huile de palme brute se vendant à environ $ 800 la tonne caf Rotterdam pendant tout le premier semestre 2010, en léger discount sur le soja, le tournesol et le colza. Soudain en juillet, tout change. La demande d'importations soutenue de la Chine et de l'Inde (comprendre, car tout est affaire d'anticipations, plus soutenue que prévue) créée l'alarme sur le marché qui manque d'huiles végétales, celles-ci confisquées contre toute attente pour la consommation de biodesel au Brésil et en Argentine. Le déclin de la production malaisienne d'huile de palme pour la deuxième année consécutive et une croissance de la production indonésienne en deçà des taux historiques contribuent à tendre le marché. Les pluies torrentielles qui s'abattent sur l'Asie du Sud-Est à l'automne et compliquent la récolte et l'acheminement vers les huileries des fruits frais des vergers indonésiens et malaisiens renforcent les anticipations d'un déficit à court terme et font franchir aux cours la barre des $ 1 000. L'huile de palme brute caf Rotterdam termine l'année à $ 1 280 la tonne, soit deux fois son cours moyen sur les dix dernières années. On n'a pas encore atteint les $ 1 450 la tonne - record de mars 2008 - mais on s'en approche. La hausse sur un an a été de 55 %, concentrée sur les six derniers mois de 2010, à l'instar de tous les cours du complexe oléagineux. C'est beaucoup, certes, mais l'effet de mutualisation entre les produits a tout de même joué, puisqu'on est loin des doublements de cours que l'on a connus sur d'autres marchés de commodités comme le sucre ou le coton. (Résumé d'auteur)

Mots-clés : huile de palmiste; huile de palme; asie; monde

Thématique : Commerce international; Commerce, commercialisation et distribution

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