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When groundwater takes over : Linking 40 years of agricultural and groundwater dynamics in a large-scale irrigation scheme in Morocco

Kuper M., Hammani A., Chohin A., Garin P., Saaf M.. 2012. Irrigation and Drainage, 61 (1) : p. 45-53.

Etablir des exploitations agricoles viables, de taille moyenne, était considéré essentiel pour mettre en valeur les périmètres étatiques de grande hydraulique. Les agriculteurs étaient encadrées par l'Etat pour 'moderniser' leurs exploitations et produire des cultures industrielles. Ce modèle d'action centralisé a été progressivement démantelé, en particulier par l'installation des forages par les agriculteurs. L'objectif de l'article est d'analyser les trajectoires des exploitations familiales depuis 40 ans dans le périmètre irrigué du Tadla (Maroc) dans un contexte d'utilisation conjuguée de l'eau. Les résultats ont montré que ces trajectoires sont liées à l'accès à l'eau souterraine, mais aussi aux marchés (informels) fonciers et aux revenus hors-agricoles. Depuis les années 1980, l'eau souterraine a permis aux agriculteurs de compenser le déficit d'eau de surface et de diversifier les assolements. Cependant, ce sont essentiellement les grandes et moyennes exploitations (36% du nombre total) qui ont pu accéder à l'eau souterraine. Ces agriculteurs ont également augmenté la surface cultivée à travers les marchés fonciers. Les petits agriculteurs prennent peu de terres en location, car il faut du capital pour louer et mettre en valeur la terre. En outre, seulement 20% des petites exploitations accèdent directement à l'eau souterraine. L'eau souterraine montre ainsi peu de capacités redistributives. Les revenus hors-agricoles ont permis de compléter les revenus agricoles, qui peuvent être négatifs, en année sèche. Cependant, ces revenus ne sont guère investis en agriculture. Finalement, l'eau souterraine mobilisée depuis 40 ans provient principalement des aquifères phréatiques, régulièrement rechargées par les eaux de pluie et l'irrigation de surface. Son exploitation semble durable pour l'instant, mais les agriculteurs explorent les aquifères plus profondes, alors que l'administration encourage la conversion de superficies importantes vers l'irrigation localisée, ce qui réduira la recharge des aquifères et pourra rendre incertain l'avenir des agricultures irriguées à partir des eaux souterraines. (Résumé d'auteur)

Mots-clés : Épuisement des ressources; culture irriguée; revenu; marché foncier; périmètre irrigué; irrigation; utilisation; eau d'irrigation; gestion des eaux; eau souterraine; grande exploitation agricole; exploitation agricole familiale; maroc

Thématique : Ressources en eau et leur gestion; Irrigation

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