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Contacts et diffusion de pathogènes des ongulés sauvages aux ongulés domestiques africains

Miguel E.. 2012. Montpellier : UM2, 2 vol. (317, 25 p.). Thèse de doctorat -- Parasitologie, microbiologie, Thèse de doctorat -- Parasitologie, microbiologie, Thèse de doctorat -- Parasitologie, microbiologie.

L'augmentation depuis une trentaine d'années des maladies infectieuses dites émergentes ou ré-émergentes chez l'homme, causées à plus de 70% par des pathogènes issus d'espèces hôtes animales (i.e. Ebola, SIDA, Grippe aviaire), stimule l'étude de systèmes éco-épidémiologiques à l'interface entres populations humaines et animales (i.e. sauvages et/ou domestiques). Le contact entre hôtes est un phénomène important dans l'étude de ces systèmes car il permet la transmission des pathogènes entre individus et la diffusion de maladie au sein et entre populations. Nous avons choisi la maladie de la fièvre aphteuse comme modèle d'étude de la transmission de pathogènes des populations sauvages vers les populations domestiques. Le buffle africain (Syncerus caffer) étant le réservoir présumé de cette maladie fortement contagieuse, nous nous sommes interrogés sur les conditions de transfert au bétail (Bos taurus et Bos indicus) du virus aphteux aux frontières de trois parcs nationaux africains qui constituent des interfaces entre espaces anthropiques et protégés perméables aux mouvements d'animaux. Dans le cadre de ce doctorat quatre protocoles ont été mis en place entre 2010 et 2011 au Zimbabwe. Premièrement, des colliers GPS (Global Positionning System) ont été déployés sur des bovins sauvages/domestiques pour décrire leurs déplacements dans le paysage et quantifier les contacts interspécifiques. Sur l'un des sites d'étude, des colliers furent posés sur l'une des espèces prédatrices de ces ongulés: le lion (Panthera leo). L'intégration de la guilde des prédateurs nous a permis d'estimer les modifications de l'utilisation de l'espace par les herbivores en réponse à la présence de carnivores et les conséquences en termes de contacts et de transmission interspécifique de pathogènes. Deuxièmement, un suivi longitudinal sérologique sur le bétail a complété le protocole télémétrique avec des prélèvements répétés sur des individus marqués selon le cycle saisonnier. Les anticorps anti- fièvre aphteuse ont été détectés par ELISA. Troisièmement, les contacts au sein des populations de bovins domestiques ont été caractérisés par des enquêtes auprès des éleveurs de subsistance (i.e. description des zones de pâturage, d'abreuvement et de rassemblement des troupeaux). Quatrièmement, le rôle potentiel de la diversité des hôtes sur le risque infectieux d'un écosystème a été exploré par l'estimation de densité de macro-parasites (i.e. tiques) dans le paysage selon une variation de la gamme d'hôtes potentiels (i.e. (i) sauvages, (ii) sauvages et domestiques et (iii) uniquement domestiques). Nos résultats montrent que (1) les taux d'interaction interspécifiques, estimés par télémétrie, varient entre sites et présentent une saisonnalité prononcée (i.e. pic saison sèche chaude). (2) La distribution des ressources (i.e. eau et zones de pâturage) conditionne la périodicité et la distribution de ces contacts dans les différents compartiments du paysage. (3) La fréquence des incursions du bétail dans un espace protégé ainsi que les taux de contacts avec les buffles influencent positivement la probabilité d'acquisition d'anticorps anti-aphteux chez le bétail. La probabilité de perte d'anticorps est également fonction du niveau d'interaction avec les buffles mais selon une relation négative. (4) La densité du réseau d'interaction intra-spécifique domestique influence positivement l'incidence sérologique de la fièvre aphteuse. (5) La présence de prédateurs supérieurs dans le paysage permettrait de limiter les incursions du bétail dans les espaces protégés et diminuerait la probabilité d'infection par les populations d'hôtes sauvages. (6) Enfin les densités de macro-parasites dans la végétation pour deux genres de tiques (Rhipicephalus sp. et Amblyomma sp.) sont supérieures dans des espaces communaux sans interaction avec les populations sauvages et où la richesse spécifique des hôtes est plus faible. Les résultats de cette étude sur la transmission interspécifi

Mots-clés : Écosystème; biodiversité; relation hôte pathogène; genre humain; animal sauvage; animal domestique; Épidémiologie; agent pathogène; transmission des maladies; bovin; buffle africain; fièvre aphteuse; zimbabwe; Émergence

Thématique : Maladies des animaux

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