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Les vecteurs du virus de la fièvre de la vallée du Rift dans l'Océan Indien : deux ans d'étude de la diversité, de la dynamique, des préférences trophiques et de l'infection des moustiques de Mayotte

Balenghien T., Zumbo B., Toty C., Garros C., Chavernac D., Cetre-Sossah C., Martinez D., Thiria J.. 2011. In : Circulation des zoonoses et des parasitoses dans l'océan indien. Colloque Conjoint Parasitologie-Célébration Vet 2011, 9-11/11/2011 : résumés des communications. Antananarivo : Académie malgache, p. 2-2. Colloque Conjoint Parasitologie-Célébration Vet 2011, 2011-11-09/2011-11-11, Antananarive (Madagascar).

La région de l'océan indien est une zone de migrations et d'échanges depuis longtemps entres les continents et les îles ou entre les îles. Aujourd'hui, l'intensification des transports, de plus en plus rapides, d'hommes et de marchandises est associée à l'émergence de maladies, en particulier vectorielles, par l'introduction d'hôtes ou/et de vecteurs infectés. Le sud-ouest de l'océan Indien - composé des côtes africaines, de Madagascar et d'archipels d'îles plus petites - est donc un lieu privilégié pour l'étude de l'introduction et de l'émergence des maladies vectorielles, d'autant que l'insularité est souvent associée à une biodiversité toute particulière. La fièvre de la vallée du Rift (FVR) est une zoonose transmise principalement au sein des populations animales par la piqûre de moustiques, et à l'homme par manipulation ou contact avec des tissus, du sang ou d'autres liquides biologiques de bétail infectieux. La FVR a été responsable d'épizooties et d'épidémies dévastatrices, comme en 1978, le long du Nil (200 000 personnes infectées, environ 600 morts recensés), avec en 2007 et 2008, des épisodes importants de transmissions en Afrique de l'Est, s'étendant à Madagascar, puis à l'Archipel des Comores. En 2008, la circulation du virus est confirmée à Mayotte (tests biologiques positifs chez des résidents mahorais et séroprévalence de 10,5 % chez les ruminants domestiques). En 2009, 2 cas humains sont détectés. Les études montrent que le virus de la FVR peut être transmis par un grand nombre d'espèces de moustiques appartenant à différents genres. La compétence vectorielle ne semblant pas être un facteur limitant, les facteurs écologiques doivent donc être déterminants pour la transmission. Afin de comprendre les mécanismes d'émergence et l'épidémiologie de la FVR sur l'île de Mayotte, une étude a été mise en place pour deux ans (2010-2012) pour déterminer la diversité, la dynamique, les préférences trophiques et le taux d'infection des espèces de moustiques présents dans 5 élevages représentant différentes zones éco-climatiques. Des collectes par pièges lumineux et au CO2 ainsi que des prospections larvaires sont effectuées toutes les 4 semaines, pendant 3 nuits consécutives, sur chacun des 5 sites d'études afin de déterminer la diversité et la dynamique saisonnière des moustiques. De plus, sur l'un des sites, des captures de 24 heures sur appâts homme, mouton et chèvre sont réalisées toutes les 8 semaines pour confirmer leurs préférences trophiques et déterminer le rythme circadien. Les femelles sont mises en lot et conservées à - 80 °C pour recherche virale. Actuellement, une année complète de suivi a été réalisée permettant de lister les espèces présentes dans les élevages, de décrire leurs préférences trophiques ainsi que leurs dynamiques journalière et saisonnière. Ces informations, couplées aux données de la littérature concernant leur compétence vectorielle, permettent de lister les vecteurs potentiels de virus de la FVR à Mayotte. (Texte intégral)

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