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Evolution de la distribution de la tique Amblyomma variegatum à Madagascar

Rahajarison P., Arimanana A., Raliniaina M., Stachurski F.. 2011. In : Circulation des zoonoses et des parasitoses dans l'océan indien. Colloque Conjoint Parasitologie-Célébration Vet 2011, 9-11/11/2011 : résumés des communications. Antananarivo : Académie malgache, p. 16-16. Colloque Conjoint Parasitologie-Célébration Vet 2011, 2011-11-09/2011-11-11, Antananarive (Madagascar).

La tique Amblyomma variegatum est l'une des espèces causant le plus de dégâts (pertes directes - blessures, réduction de la croissance et de la production laitière,...- et indirectes, dues aux maladies transmises ou associées) chez les ruminants d'Afrique sub-saharienne. Probablement introduite à Madagascar depuis plus de dix siècles par des bovins en provenance d'Afrique orientale, cette tique était encore rare sur les hauts-plateaux du centre de l'île il y a 30 ans. Uilenberg et al (1979) estimaient ainsi que, si elle pouvait être retrouvée entre 1100 et 1400 m d'altitude "le long des routes suivies par les troupeaux de boeufs en provenance des régions basses de l'ouest et en marche vers l'abattoir de la capitale", il n'était en revanche pas certain qu'elle puisse se maintenir dans la région de Tananarive sans l'apport continuel en provenance de l'Ouest". En 2010, une enquête menée dans la région d'Antsirabe a montré que la tique est désormais installée dans pratiquement toutes les zones situées en-dessous de 1600 m, avec toutefois des nuances en fonction de la végétation, A. variegatum préférant les savanes arbustives aux paysages de rizières. Elle est même signalée à plus de 1700 m (Faratsiho). Au nord d'Antananarivo, une enclave pourtant moins élevée (Mangamila, 1400 m) reste encore indemne. Une étude menée en saison froide (juin-septembre) dans trois sites de cette région a montré que les températures qui y ont régné en 2010 (T° moyennes 14,7°C à 17,1°C, T° minimales de 5,5°C à 6,8°C) n'ont pas empêché le développement de nymphes gorgées placées sur le terrain. Même sur le site le plus froid (2 050 heures, soit près de 3 mois, sous 15°C et 275 heures sous 10°C), les conditions n'ont pas causé la mort des nymphes même si elles ont entraîné un fort ralentissement de leur développement : la métamorphose en adultes de nymphes placées début juin sur le terrain est intervenue en 16 à 20 semaines contre 4-6 semaines au Burkina Faso à une époque équivalente (saison sèche froide). De ce fait, le stade devant survivre aux conditions les plus difficiles est la nymphe gorgée, qui subit une diapause de développement, et non l'adulte à jeun qui subit alors, du fait de la trop faible humidité, une diapause comportementale (pas d'activité de recherche des hôtes). De nouveaux essais seront menés en saison sèche 2011 à des altitudes plus élevées (1500 à 2000 m) pour déterminer s'il existe des conditions climatiques entraînant la mort des stades non parasitaires et interdisant donc l'installation de cette tique. (Texte intégral)

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