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Quand la biologie évolutive et la génétique éclairent l'histoire commune des Hommes et des plantes en Océanie

Roullier C., Labouisse J.P.. 2013. In : Colloque e-Toile Pacifique, Paris, France, 03-04 octobre 2013. s.l. : s.n., 1 p.. Colloque e-Toile Pacifique, 2013-10-03/2013-10-04, Paris (France).

L'espace océanien a connu depuis plus de 40 000 ans des vagues successives de migrations et de peuplement qui ont modelé progressivement l'identité et la diversité culturelle de ce continent. A l'exception notable du cocotier, l'agriculture s'y caractérise par l'utilisation presque exclusive d'espèces à multiplication végétative. Les plantes alimentaires comme le taro, l'igname, la canne à sucre, le bananier, le kava, et l'arbre à pain sont multipliées par boutures ou fragments de racines et de tubercules, souvent plus volumineux et périssables que les graines. En outre, le caractère fragmenté de l'espace et l'isolement des îles diminuent les possibilités de dispersion naturelle. Cet état d'isolement et la nature clonale du matériel végétal transporté font que la dispersion des plantes cultivées a été et est encore étroitement dépendante des déplacements des Hommes. L'histoire de la dispersion des plantes cultivées par les populations humaines a des conséquences importantes sur la distribution de la diversité de ces plantes. En effet, la multiplication végétative entraine l'introduction et la diffusion de plantes qui sont génétiquement fixées. Cependant au cours de ces parcours, les plantes sont confrontées à la pression sélective des agriculteurs liée aux modifications des conditions écologiques, des usages, des pratiques agricoles qu'elles vont côtoyer au cours de leur diffusion. En décrivant la distribution de la diversité génétique des plantes cultivées océaniennes, il est possible de reconstruire leur histoire évolutive, histoire démographique (routes de dispersion, introgression¿) mais aussi adaptative (sélection, adaptation locale). Dans ce contexte océanien, où les Hommes voyagent avec leurs plantes, nous faisons l'hypothèse que les chemins de dispersion des plantes peuvent être utilisés pour retracer les parcours migratoires des Hommes dans le Pacifique : les plantes deviennent des traceurs des migrations des hommes. Cette approche est particulièrement intéressante pour retracer des interactions entre groupes humains qui n'ont pas nécessairement impliqué d'échanges de gènes et qui sont donc difficile à identifier par des approches de génétiques humaines. En prenant quelques espèces comme exemple, ces voyages d'Hommes et de plantes seront analysés à différentes échelles spatiales - du couple d'îles à l'Océanie - mais aussi temporelles, en abordant les migrations depuis la " préhistoire" jusqu'à nos jours. (Texte intégral)

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