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Transmision des prix internationaux du riz et volatilité sur les marchés africains : analyse et enjeux

Benz H., David-Benz H., Lançon F., Murcia V., Meuriot V.. 2013. In : La science rizicole pour la sécurité alimentaire à travers le renforcement de l'agriculture familiale et l'agro-industrie en Afrique : 3ème Congrès du riz en Afrique 2013, 21-24 octobre 2013, Yaoundé, Cameroun. Programme et résumés. Cotonou : ADRAO [Centre du Riz pour l'Afrique], p. 58-58. Africa Rice Congress. 3, 2013-10-21/2013-10-24, Yaoundé (Cameroun).

La flambée des prix des céréales sur les marchés internationaux en 2008 a rappelé le caractère fondamentalement incertain de ces marchés et plus particulièrement de celui du riz. Les émeutes qui l'ont accompagnée ont alerté l'opinion publique sur l'incidence de cette hausse pour les populations des pays à faibles revenus et remis à l'ordre du jour les débats sur les politiques de régulation des marchés. Cette hausse des prix des céréales a également été perçue comme une opportunité pour développer les productions céréalières dans les pays africains, remettant en lumière les enjeux de souveraineté alimentaire et suscitant un renouveau des programmes d'appui à la production. Encore faut-il que ces fluctuations des cours mondiaux aient été transmises sur les marchés nationaux, jusqu'aux producteurs. Cette communication s'attachera à analyser la nature de la relation et l'ampleur de la transmission entre le marché international du riz et les marchés intérieurs, à partir du cas de trois pays où les marchés intérieurs ont répondu de façon contrastée à la flambée des prix de 2008 (Sénégal, Mali, Madagascar), ainsi que les facteurs expliquant les différences observées. L'imparfaite transmission des cours mondiaux aux marchés subsahariens est notamment liée au cloisonnement des marchés alimentaires entre riz importé, riz local et autres produits vivriers. Le degré de dépendance vis-à-vis des importations de riz et de diversité des régimes alimentaires ont induit des comportements différenciés des prix. Dans les pays où le riz provient essentiellement de l'offre locale et constitue la base de l'alimentation, les fluctuations des cours mondiaux n'ont pas été transmises (Madagascar). En effet, le prix du riz sur le marché intérieur y résulte d'abord de l'état de l'offre et de la demande du riz local. Dans les pays où le riz occupe une place importante dans la consommation, tout en étant associé à d'autres produits vivriers nationaux, où la production locale couvre une part conséquente des besoins, la hausse a été transmise de façon modérée (Mali). Là où le riz constitue l'aliment de base et où l'essentiel de l'offre est assurée par les importations, les cours mondiaux déterminent beaucoup plus directement les prix du riz importé et du riz local et la hausse a été fortement marquée (Sénégal). Des mesures ponctuelles de régulation ont été mises en oeuvre en 2008, mais leur efficacité n'a été que très mitigée. Sur le long terme, la structure oligopolistique des importations semble paradoxalement jouer en faveur de la régulation du marché. Les importateurs, jouissant d'une assise financière confortable et opérant sur de gros volumes de transaction, assurent un lissage des fluctuations du marché international. Ce rôle d'amortisseur apparaît comme une contrepartie de la rente que les États leur concèdent en période de baisse des prix sur le marché international. En revanche, le choc de 2008 ayant excédé les capacités d'absorption des importateurs, ils ont ainsi reporté - du moins partiellement - la hausse sur les consommateurs. (Résumé d'auteur)
Communication de congrès

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