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Les sources d'inoculum primaire de la pyriculariose : rôle des semences et des pailles infectées dans le développement des épidémies

Raveloson H., Tharreau D., Sester M.. 2013. In : La science rizicole pour la sécurité alimentaire à travers le renforcement de l'agriculture familiale et l'agro-industrie en Afrique : 3ème Congrès du riz en Afrique 2013, 21-24 octobre 2013, Yaoundé, Cameroun. Programme et résumés. Cotonou : ADRAO [Centre du Riz pour l'Afrique], p. 203-203. Africa Rice Congress. 3, 2013-10-21/2013-10-24, Yaoundé (Cameroun).

La pyriculariose, causée par Magnaporthe oryzae, est la principale maladie fongique du riz. Elle est décrite dans tous les pays rizicoles. Dans les parcelles en riziculture pluviale à Madagascar, la pression de cette maladie est forte. Dans le cadre du petit paysannat malgache, les techniques chimiques de lutte ne peuvent pas être envisagées car elles restent trop coûteuses. L'utilisation de variétés résistantes est sans doute la méthode la plus efficace et la moins coûteuse pour les agriculteurs mais les risques de contournement de ces résistances sont importants, compte tenu de la grande capacité d'adaptation de l'agent pathogène. Pour prolonger la durabilité des résistances, il est indispensable d'accompagner leur diffusion par d'autres moyens de lutte durable. La connaissance des facteurs qui peuvent influencer le niveau d'épidémie de la pyriculariose est un enjeu capital pour améliorer la lutte intégrée contre la maladie. Parmi ces facteurs, les sources possibles d'inoculum primaire sont peu connues alors qu'elles conditionnent l'intensité de la maladie. La possibilité de transmission de la maladie par les semences a été démontrée (Faivre-Rampant et al., 2012). Harmon et Latin (2005) ont rapporté que M. oryzae peut survivre sur des résidus infectés de ray grass mais la proportion d'inoculum survivant était insuffisante pour initier une épidémie. En revanche, ces informations ne sont pas connues pour la pyriculariose du riz. Dans l'étude présentée ici, nous avons testé la capacité de M. oryzae à survivre sur des pailles de riz infectées pendant plusieurs années ainsi que le risque épidémique lié aux pailles et aux semences infectées. Pour mesurer la durée de survie de M. oryzae sur des résidus de riz infectés, un essai a été réalisé en plaçant dans des cultures pluviales des lots de tiges paniculaires infectées par la pyriculariose sur trois emplacements différents (sur la couverture végétale du sol, sous la couverture et dans le sol). Chaque mois pendant deux années, des échantillons ont été prélevés puis observés au laboratoire pour voir l'évolution au cours du temps de la capacité de sporulation du mycélium. Alors que le mycélium sur les pailles laissées dans le sol a perdu sa capacité de sporulation dès la première observation, le mycélium sur les pailles laissées sur et sous la couverture est toujours capable de sporuler au moins 20 mois après la mise en place. Un autre dispositif a été conduit pour évaluer l'effet de traitements de semences et l'apport des résidus de riz infectés sur le niveau d'intensité de la pyriculariose. Les suivis de la maladie montrent que les parcelles avec résidus infectés sont plus attaquées par la pyriculariose que les parcelles témoin alors que le traitement des semences ne semble pas modifier la sévérité de l'épidémie. Les travaux sur la caractérisation des sources d'inoculum primaire de pyriculariose permettent d'approfondir la connaissance des déterminants des épidémies de pyriculariose en riziculture pluviale à Madagascar. Ils s'inscrivent dans un programme de recherche mené conjointement par le FOFIFA et le CIRAD pour la lutte intégrée contre cette maladie dans un contexte de petit paysannat....
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