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Le climat et la démographie peuvent-ils avoir un impact important sur le paludisme en afrique subsaharienne dans les 20 prochaines années ?

Saugeon C., Baldet T., Akogbeto M., Henry M.C.. 2009. Médecine Tropicale, 69 (2) : p. 203-207.

Cette revue de la littérature présente les conditions d'évolution du paludisme en Afrique subsaharienne dans les 20 prochaines années. Le paludisme est une maladie vectorielle limitée par des contraintes environnementales et humaines. Les limites environnementales sont essentiellement dictées par la sensibilité du vecteur (moustiques du genre Anopheles) et du parasite Plasmodium falciparum au climat. Le paludisme est stable, dit endémique, sur une grande superficie de l'Afrique. Seules les zones où le paludisme est instable, dit épidémique, principalement les franges de la zone stable (Sahel, altitude) pourront être influencées par les changements climatiques. L'accroissement de la température, notamment, pourrait induire une réduction du paludisme en zone sahélienne ou une augmentation en altitude. Ces tendances globales devraient être modulées par des évènements météorologiques exceptionnels conjugués aux activités humaines s'exerçant sur l'environnement qui pourront entraîner localement des épidémies dramatiques de paludisme. Les contraintes humaines impliquent en particulier une démographie galopante et un développement des villes. Des modélisateurs projettent que l'urbanisation va entraîner une réduction de l'exposition palustre de 53,5% en 2030. Toutefois, l'adaptation au milieu urbain d'Anopheles gambiae et d'An. arabiensis, principaux vecteurs du paludisme en Afrique subsaharienne, ainsi que leur résistance croissante aux insecticides, pourraient influencer cette diminution. De manière imprévisible, les mouvements massifs de population résultant de guerres ou de famines pourront aussi entraîner des épidémies palustres inattendues. Enfin les maladies immunosuppressives (HIV, malnutrition) pourraient altérer la susceptibilité des individus au paludisme. Les contraintes sociales impliquent l'activité anthropique qui modifie l'utilisation des sols. On sait que l'utilisation des terres (déforestation, irrigation) peut influencer le poids du paludisme qui lui-même dépend des déterminants locaux de la transmission. In fine, la contrainte sociale la plus importante demeure l'accès des populations aux interventions pour prévenir et lutter contre le paludisme. (Résumé d'auteur)

Mots-clés : anopheles; urbanisation; démographie; adaptabilité; Épidémiologie; facteur climatique; plasmodium falciparum; anopheles gambiae; anopheles arabiensis; malaria; afrique au sud du sahara

Thématique : Organismes nuisibles des animaux; Maladies des animaux; Météorologie et climatologie; Population rurale

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