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Historique du secteur palmier à huile au Cameroun

Ndjogui T.E., Nkongho R.N., Rafflegeau S., Feintrenie L., Levang P.. 2014. Jakarta : CIFOR, 56 p.. (Document occasionnel du CIFOR, 109).

Le palmier à huile est une plante tropicale originaire du golfe de Guinée. Il pousse spontanément dans toute la zone forestière du Cameroun où il a longtemps fait l'objet d'une exploitation artisanale. C'est au début du XIXe siècle, entre 1904 et 1907, que sont créées les premières plantations coloniales. Après une longue période de stagnation marquée par la Première Guerre mondiale, la crise de 1929 et la Deuxième Guerre mondiale, la culture du palmier à huile entre dans une phase de modernisation avec la création de la station IRHO de La Dibamba en 1947, la création de la SOCAPALM en 1968, la construction d'usines industrielles et la mise en oeuvre d'un vaste programme de développement des plantations villageoises pendant les années 1970 et 1980 avec l'appui du Fond National de Développement Rural (FONADER) créé en 1973. Cependant, la crise des années 1980 entraîne la faillite du FONADER en 1990, l'arrêt du programme de plantations villageoises, la rupture du partenariat entre les planteurs villageois et les agro-industries et le désengagement de l'État suite à la mise en oeuvre des programmes d'ajustement structurel. On assiste ainsi dès le début des années 1990 à de multiples recompositions caractérisées entre autres par la reconfiguration du partenariat entre les planteurs villageois et les agro-industries, l'émergence de nouveaux sites de développement du palmier, le développement spontané des palmeraies villageoises non encadrées et des presses artisanales, autre débouché possible pour les régimes des petits planteurs. Cette dynamique de production primaire portée par des investissements privés de ruraux et d'urbains pour créer des palmeraies villageoises est soutenue en aval par le développement de l'industrie de la seconde transformation, qui, en se diversifiant, augmente la demande intérieure en huile de palme en association avec la croissance démographique et l'élévation du niveau de vie des populations. Depuis les années 2000, la filière est marquée par la privatisation de la SOCAPALM et sa reprise par le groupe français Bolloré qui contrôle également la SAFACAM et la SPFS, le retour de l'assistance de l'État aux planteurs villageois avec la création du Programme de Développement des Palmeraies Villageoises (PDPV) et l'arrivée annoncée de nouvelles agro-industries qui négocient des concessions avec l'État. Le souci de la durabilité de la filière amène les acteurs à initier la rédaction d'une stratégie nationale de développement durable du palmier à huile sous la coordination du MINADER. Dans ce contexte particulièrement dynamique, une attention particulière doit être accordée aux ayants droit des terres que l'État pourrait attribuer aux agro-industries, aux petits planteurs et aux relations entre ces derniers et les agro-industries dans la perspective d'un partenariat gagnant-gagnant. (Résumé d'auteur)

Mots-clés : histoire; accès à la terre; intervention de l'état; analyse économique; petite exploitation agricole; grande exploitation agricole; développement agricole; industrie des corps gras; produit végétal transformé; plantations; huile de palme; elaeis guineensis; cameroun; plantation villageoise; filière

Thématique : Culture des plantes; Economie et politique du développement; Economie de la production; Agro-industrie; Histoire

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