Publications des agents du Cirad

Cirad

Caractérisation des miels de l'océan indien par spectrométrie proche infrarouge : étude de faisabilité

Nabeneza S., Porphyre V., Davrieux F.. 2014. Revue d'Elevage et de Médecine Vétérinaire des Pays Tropicaux, 67 (3) : p. 130-132. Journées scientifiques QualiREG. 2, 2012-11-14/2012-11-15, Saint Gilles les Hauts (Réunion).

Le miel est traditionnellement consommé dans les îles de l'océan Indien et utilisé également pour ses propriétés cosmétiques et thérapeutiques. Ce produit, issu du nectar de fleurs ou de miellat d'insectes, est collecté et transformé par les abeilles produisant ainsi un miel unique caractéristique de la flore de chaque île. A l'issue de la récolte, l'apiculteur doit nor¬malement veiller à ce que le miel soit conforme et respecte des caractéristiques physico-chimiques spécifiques selon les recom¬mandations du Codex alimentarius. De plus, il doit indiquer des informations, comme l'origine botanique et géographique, sur chaque pot de miel vendu. En pratique il est toutefois très diffi¬cile de vérifier l'exactitude de ces informations, d'autant qu'elles sont mises en avant comme argument de vente. La spectrométrie dans le proche infrarouge (SPIR), basée sur les propriétés physiques d'absorption de la lumière par les com-posés organiques, peut être un outil de contrôle et de traçabi¬lité des miels mis sur le marché (1, 3). L'objectif principal de cette étude a été d'évaluer la faisabilité d'un contrôle qualité (authentification de l'origine botanique et/ou géographique et détection d'adultération) des miels commerciaux produits dans l'océan Indien. Les perspectives de cette méthode de laboratoire sont importantes dans le cadre du développement des filières apicoles, notamment lorsqu'elles sont orientées vers les marchés d'exportation et vers la promotion de leur qualité auprès de consommateurs désireux de profiter de produits d'excellence et fortement attachés à des territoires insulaires uniques. Au total, 625 miels des pays de l'océan Indien (tableau I) ayant diverses origines botaniques (tableau II) ont été mesurés sans ajustement à 30 °C et après ajustement à 70 °Brix avec de l'eau distillée (3). La mesure a été réalisée en réflexion diffuse à l'aide d'une cellule ronde avec un fond réflecteur doré (trajet optique 0,1 mm) sur un spectromètre FOSS NIRSystem 5000 (1 100¿2 500 nm, 2 nm). En parallèle, les mesures du degré Brix, de l'humidité et de la conductivité des miels bruts ont été réalisées au laboratoire. Après l'analyse en composantes prin¬cipales (ACP) de la base spectrale des 625 miels et le calcul des distances H de Mahalanobis, 83 miels ont été identifiés comme spectralement atypiques et retirés du jeu de données (tableau I). Sur la base des distances spectrales (H, Mahalanobis), 64 miels représentatifs des 542 miels retenus ont été sélectionnés, ajustés à 70 °Brix, puis adultérés avec du sirop de sucre de canne du commerce (Mascarin®) à 25 et à 10 p. 100 par pesée. Les modèles prédictifs des teneurs en humidité, Brix et conducti¬vité ont été établis en utilisant la régression modified partial least square (M-PLS) du logiciel WinISI 3 (Infrasoft, Port Mathilda, PA, Etats-Unis). Les modèles PLS ont été réalisés sur la base des dérivées premières des spectres normalisés (SNV) et corri¬gés pour la ligne de base (Detrend). Pour expliquer les critères géographiques et botaniques, nous avons utilisé une méthode non supervisée de discrimination (Cluster Analysis, Unscrumbler 10.3, CAMO, Oslo, Norvège), qui constitue des groupements naturels, sur la base des distances spectrales. Les spectres des miels non adultérés ont servi de base pour définir un espace multidimensionnel (ACP centrée, non réduite sur dérivée seconde des spectres bruts). La projection des spectres (dérivée seconde des spectres bruts) des miels adultérés sur cet espace a permis d'identifier un plan factoriel (CP1¿CP7) expliquant 65 p. 100 de la variance totale, sur lequel les miels adultérés étaient nettement séparés des miels non adultérés. Les modèles d'étalonnage obtenus par régression PLS pour le degré Brix, l'humidité et la conductivité ont été performants avec des R² de l'ordre de 0,92 et des erreurs de validation croisée acceptables (tableau III) (figure 1). Les essais de groupement des individus sur la base de leur spectre (recherche de clusters), de

Mots-clés : composition botanique; adultération des aliments homme; spectroscopie infrarouge; analyse qualitative; contrôle de qualité; provenance; miel; réunion; madagascar; océan indien; rodrigues

Thématique : Composition des produits alimentaires; Méthodes de relevé; Commerce, commercialisation et distribution

Documents associés

Article de revue

Agents Cirad, auteurs de cette publication :