Publications des agents du Cirad

Cirad

L'agroforesterie en zone humide : une opportunité pour une nouvelle cacaoculture

Jagoret P., Deheuvels O., Saj S.. 2015. Paris : Académie d'agriculture de France, 1 p.. Colloque : Les systèmes agroforestiers permettent-ils de fonder un développement agricole durable ?, 2015-04-16/2015-04-16, Paris (France).

En zone tropicale humide, la durabilité de la cacaoculture est de plus en plus débattue. Depuis les années 1950, une partie de la production mondiale de cacao, de l'ordre de 4 millions de tonnes actuellement, repose en effet sur un système intensif adopté par bon nombre d'agriculteurs qui, toutefois, n'en respectent pas certaines modalités, notamment l'apport d'engrais et la protection phytosanitaire des vergers. En conséquence, le développement de la culture du cacaoyer (Theobroma cacao L.) se traduit par le déplacement des zones de production au détriment des zones forestières, déplacement dû à une dégradation de conditions de production dans les vergers liée à un appauvrissement du sol et une pression incontrôlée des bioagresseurs. Dans le même temps, il existe des systèmes de cacaoculture différents, du type agroforestier, jusqu'à présent peu étudiés par les agronomes. Sur la base d'études menées dans 290 cacaoyères agroforestières d'agriculteurs, au Cameroun (60) et en Amérique centrale (230), nous montrons que les systèmes agroforestiers cacaoyers peuvent atteindre des rendements comparables, voire supérieurs à ceux obtenus dans les cacaoyères conventionnelles où les agriculteurs peinent à respecter un modèle intensif. Les structures des cacaoyères agroforestières permettent une production continue de cacao sur le long terme grâce d'une part, à leur rôle sur la régulation des ravageurs et sur la fertilité des sols, et d'autre part, à une flexibilité dans la conduite technique des peuplements cacaoyers. Nous montrons aussi que 80 % des espèces ligneuses associées aux cacaoyers ont une valeur pour les agriculteurs à qui elles fournissent un large éventail de produits autoconsommés ou vendus, qui contribuent de manière significative au fonctionnement des ménages et limitent les risques dans un contexte économique instable (fluctuation des prix mondiaux). Enfin, il s'avère que les pratiques agroforestières permettent aux agriculteurs d'installer des cacaoyères dans des zones sub-optimales pour la cacaoculture, offrant de ce fait une alternative technique d'intérêt face aux risques liés aux changements climatiques. Les systèmes agroforestiers cacaoyers apparaissent donc être une source d'inspiration potentielle pour faire évoluer le modèle de cacaoculture actuel vers un modèle durable, davantage respectueux de l'environnement. (Texte intégral)

Documents associés

Communication de congrès

Agents Cirad, auteurs de cette publication :