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Enjeux mondiaux du commerce du bois

Roda J.M.. 2015. In : Caré Sabine (ed.), Gril Joseph (ed.). 4èmes journées scientifiques GDR Sciences du Bois : programme et résumés des présentations. Clermont-Ferrand : INRA, p. 23. Journées scientifiques du GDR 3544 Sciences du bois. 4, 2015-11-04/2015-11-06, Clermont-Ferrand (France).

Depuis les années 1990, les filières bois apparaissent séparées en deux mondes aux structures quasiment indépendantes, celui des pays développés et celui des pays en développement. A l'échelle du monde, environ la moitié de la production de bois est utilisée pour produire de l'énergie, et l'autre moitié pour produire du bois d'oeuvre ou d'industrie. Le principal ressort de la consommation des bois du monde, et spécialement des bois tropicaux, devient désormais l'urbanisation des pays en transition. Des réseaux d'entreprises ont émergé dans le commerce du bois, qui servent de relais entre les zones forestières et les demandes croissantes liées à l'expansion des entités urbaines des grands pays en transition, parmi lesquels le Brésil, l'Inde et la Chine ont le plus d'influence. Ils supplantent dans les forêts tropicales des industries aux organisations plus traditionnelles, qui avaient dominé jusque dans le milieu des années 1990. Ces réseaux d'entreprises sont d'ordinaire multisectoriels, le bois n'y étant qu'une activité parmi d'autres (agro-industries, machines-outils, logistique, bâtiments et travaux publics, médias). Ils entretiennent des relations où la coopération est calculée sur plusieurs générations, et où la compétition et l'opportunisme sont maîtres. La décision et la production sont décentralisées, et ces entreprises ont un cycle de vie très rapide. Elles ne cessent de se créer et de disparaître pour laisser germer de nouvelles entités ; finalement, les entreprises qui se sont créées au bon moment sur le bon créneau survivent et forment le lien avec les autres entreprises du réseau. L'économie du bois révèle la complexité des mutations de l'économie mondiale, dont les médias se font l'écho en citant les visées de la Chine sur les matières premières d'Afrique, ou l'offensive des multinationales du Sud en Europe. Alors que la politique internationale se préoccupe des enjeux de l'environnement comme des forêts tropicales au même titre que les banquises ou les récifs coralliens, on oublie souvent que de grandes manoeuvres et des batailles économiques ont lieu en ce moment entre multinationales du ¿sud¿ et multinationales du ¿nord¿ pour le contrôle du foncier, des réseaux commerciaux, de des accès aux marchés en pleine croissance que sont les pays émergents. Parmi les multinationales du Sud, Olam, Wilmar and Sinar Mas, ont commencé comme des conglomérats asiatiques mais jouent maintenant à jeu égal avec les géants du secteur ¿agrobusiness¿. Ces géants connus comme les traders ABCD sont Archer Daniels Midland, Bunge, Cargill, Louis Dreyfus. D'autres groupes asiatiques moins connus comme Sime Darby, Ta Ann, WTK, Samling, etc., apparaissent occasionnellement dans les journaux à l'occasion de rapports d'ONG qui dénoncent leur méfaits environnementaux (réels ou pas), où quand les grands fonds d'investissement comme le fond de pension Norvégien annoncent qu'ils en retirent leurs parts. Ces nouveaux réseaux transnationaux opèrent dans tous les continents et tous les secteurs, connectant l'économie du bois à celle du café où aux mouvement de bourses américains ou singapouriens. Ces réseaux connectent les dynamiques asiatiques au reste du monde, spécialement aux enjeux africains. Ils font bouger les lignes sur les questions de la déforestation, de l'accaparement des terres, etc. (Texte intégral)...

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