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Comportement de Tetranychus evansi sur tomate et interaction avec son prédateur Phytoseiulus longipes. Application pour une stratégie de lutte intégrée en condition tropicale

Azandeme Hounmalon Y.G.. 2015. Montpellier : Montpellier SupAgro, 184 p.. Thèse de doctorat -- Systèmes intégrés en biologie, agronomie, géosciences, hydrosciences et environnement (SIBAGHE). Ecosystèmes et sciences agronomiques (ESA).

Tetranychus evansi est un ravageur invasif, observé en Afrique de l'Est et de l'Ouest vers les années 2000 qui provoque des dégâts à fort impact économique sur les Solanaceae. Ses pullulations entraînent généralement une lutte chimique intensive avec des produits pas toujours efficaces. L'acarien Phytoseiulus longipes s'est révélé être le meilleur prédateur pour contrôler T. evansi mais l'utilisation intensive des pesticides chimiques peut rendre difficile son efficacité en plein champ. L'efficacité de Metarhyzium anisopliae ICIPE - 78 a été démontrée récemment. Mais la qualité des spores préconisée en pulvérisation foliaire est affectée par l'effet de la température et de l'hygrométrie. Ce sont là autant de paramètres qui affectent l'efficacité des méthodes de lutte recommandées pour contrôler T. evansi. Une meilleure connaissance du comportement de T. evansi et de ses interactions avec P. longipes devrait nous permettre d'optimiser le contrôle de ce nouveau ravageur. L'objectif principal de ma thèse a été d'étudier le comportement de dispersion de T. evansi sur tomate ainsi que ses interactions avec P. longipes afin de mettre en place une méthode de lutte intégrée en condition tropicale. J'ai étudié le comportement de dispersion de T. evansi sur une feuille et un plant de tomate comparé à celui de T. urtica e. Mes études ont montré un comportement grégaire de T. evansi à faible densité et une dispersion à forte densité. J'ai également mis en évidence sa migration circadienne avec un flux important de migrants en début d'après-midi et un autre plus faible dans la nuit. Par ailleurs, le nombre d'individus ascendants a été similaire au nombre d'individus descendants. Mes études d'interactions entre T. evansi et P. longipes ont montré un comportement de fuite de T. evansi en présence de P. longipes à travers des signaux visuels, vibratoires et olfactifs et un comportement attractif de P. longipes pour T. evansi à travers des signaux vibratoires et olfactifs. Les composés volatiles émis par T. evansi et attractifs de P. longipes ont été le linalool et le méthyl salycilate (MeSA). Pour améliorer l'efficacité des champignons entomopathogènes contre T. evansi, j'ai étudié l'efficacité d'une mousse imprégnée de M. anisopliae. J'ai montré que cette mousse imprégnée placée autour de la tige d'un plant de tomate réduisait significativement une population de T. evansi avec une rémanence de 36 jours à condition que la mousse soit placée au-dessus de l'infestation. Cette technique peut d'ailleurs être complétée par un lâcher de P. longipes qui semblent insensibles à M. anisopliae. Enfin, à travers une étude de cas, j'ai confirmé le caractère invasif de T. evansi au Bénin avec des dégâts de 65 % de perte de production en moyenne sur la tomate, 56 % pour le gboma (ou aubergine africaine) et 25 % pour l'amaranthe. Les producteurs ont tous utilisé des pesticides chimiques à base de pyréthrinoides et d'organophosphorés mais aucun à leur dire ne semble avoir été efficace. D'où leur recours à de fréquentes pulvérisations de l'ordre de 3, 6 et 12 traitements par mois en moyenne sur l'amaranthe, le gboma et la tomate respectivement. Une méthode de lutte adaptée au comportement grégaire de T. evansi pourrait être l'utilisation de filet imprégné d'acaricide ou de M. anisopliae déposé sur le spot de plantes infestées ou bien combiné avec les prédateurs à une plus grande échelle. Une autre stratégie consisterait à associer aux cultures des plantes productrices de linalool et/ou de MeSA comme attractifs d'acariens prédateurs. Sous abris, les plantes cultivées de façon intensive, pourraient être protégées par des mousses imprégnées de M. anisopilae et des prédateurs. L'ensemble de ces méthodes respectueuses de l'environnement devrait permettre le contrôle efficace de ce nouveau ravageur des Solanaceae en Afrique sub-Saharienne. (Résumé d'auteur)...

Thématique : Ravageurs des plantes

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