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Analyse de la diversité des pratiques phytosanitaires en horticulture à la Martinique en vue de réduire leurs impacts

Mottes C.. 2010. Paris : AgroParisTech, 58 p.. Mémoire d'ingénieur agronome -- Sciences et technologies du vivant. Agronomie.

Les surfaces des productions horticoles (cultures à fortes valeurs ajoutées) sont en augmentation à la Martinique. Cependant ces productions ont un fort impact sur l'environnement en raison de leur sensibilité aux divers ravageurs dans un milieu tropical humide où la pression phytosanitaire est exacerbée. La pression des systèmes et des pratiques sur des milieux sensibles (bassins versant (BV) dont les eaux sont utilisées pour la consommation humaine), est évaluée à l'aide de l'Indice de Fréquence de traitement (IFT), indicateur de référence Ecophyto 2018. Trois types de productions horticoles déterminent la pression phytosanitaire sur l'environnement : cultures uniquement désherbées, majoritairement pérennes ; cultures maraîchères sensibles aux maladies et ravageurs et enfin les productions agro-industrielles d'exportation mieux encadrées mais pour lesquelles la pression est généralisée. Les facteurs explicatifs de l'IFT sur les cultures maraîchères à l'échelle de la parcelle sont liés à des variables simples (Fréquence d'application des traitements systématiques, pourcentage de traitements systématiques et surdosage). Les marges de manoeuvre pour la réduction de l'IFT sont importantes en agissant directement sur ces facteurs explicatifs sans modifier l'objectif de production : respect des bonnes pratiques phytosanitaires (dose et fréquence d'application en particulier). Pour les cultures vivrières (dachine), l'IFT désherbage dépend de la place de la culture dans le système de production et de la mécanisation. Des marges de manoeuvre sont possibles en optimisant les ressources disponibles (matériel, modification des durées de jachère en rapport avec les disponibilités de main d'oeuvre). La comparaison de l'IFT des systèmes de culture principaux des différents agriculteurs met en évidence que la stabilité de la ressource foncière est la clef d'une évolution vers des systèmes moins impactants et plus stables économiquement car impliquant des cultures à cycles plus longs, plus robustes et assurant le fond de roulement financier de l'exploitation. Pour certains agriculteurs, la formation aux BPA et l'encadrement par des techniciens devrait conduire à l'objectif Ecophyto 2018. Les doses actuelles de traitement pourraient être précisées et réduites par la prise en compte de la croissance de la culture au cours du cycle (l'indice foliaire (LAI) permet de déterminer la surface traitée). Pour d'autres, la diversification des systèmes de cultures est nécessaire, enfin, pour les exploitants ayant des pratiques raisonnées, la mise au point de systèmes en rupture est nécessaire (basés sur les principes de l'agroécologie).

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