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Possibilités de réduction des rejets chez le poulet par la sélection génétique

De Verdal H.. 2011. Tours : Université François Rabelais, 386 p.. Thèse de doctorat -- Science de la vie, Thèse de doctorat -- Science de la vie.

La production avicole est aujourd'hui largement questionnée quant à son impact négatif sur l'eau, l'air et les sols. Trouver des moyens permettant de maîtriser l'excrétion des poulets est donc d'une grande importance pour le développement d'une agriculture durable. Ce travail se propose d'étudier l'efficacité de la sélection génétique pour la réduction des rejets, en proposant des critères de sélection qui pourraient être intégrés aux schémas de sélection, tels que l'efficacité digestive et des mesures quantitatives et qualitatives des rejets. Ce travail repose sur trois études utilisant des poulets issus d'une expérience de sélection divergente pour une faible (D-) ou forte (D+) efficacité digestive, lignées pour lesquelles des travaux précédents ont mis en évidence des caractéristiques d'excrétion différentes. Dans un premier temps, nous avons montré que sélectionner les animaux à 3 semaines sur l'EMAn ou sur un critère direct des rejets, le coefficient d'utilisation digestive de la matière sèche (CUDMS), était possible, l'héritabilité de ces critères étant assez élevée (0.30). Ce travail a également permis d'obtenir de fortes améliorations des caractéristiques d'excrétion, les corrélations génétiques étant élevées entre EMAn et CUDMS d'une part et rejets d'autre part (-0.64 à -0.97 avec les poids excrétés, 0.39 à 0.46 avec la teneur en eau des excréta, -0.84 à -0.87 avec le ratio azote / phosphore dans les excréta). En outre, les corrélations génétiques entre ces caractères et les performances zootechniques indiquent qu'une sélection pour réduire les rejets ne dégraderait pas ces performances. Dans un second temps, une étude cinétique a permis de suivre l'évolution de la réponse des animaux sur l'ensemble du cycle de production. Chez les D+, l'EMAn est de 5 à 25 % et de 3 à 6 % plus élevée que chez les D- et les témoins commerciaux (CL), respectivement. Cela correspond à un indice de consommation de 2.00 chez les D+, 2.26 chez les CL et 2.93 chez les D-. Les rejets des D+ sont 26 % moins abondants que ceux des CL et 56 % moins abondants que ceux des D-. Enfin, dans un dernier temps, nous avons étudié les relations entre EMAn et la structure du tractus gastro-intestinal afin de comprendre la nature des modifications entraînées par la sélection. L'EMAn présente de fortes corrélations génétiques avec les poids relatifs du gésier et du proventricule (0.43 à 0.59) et ceux du jéjunum et de l'iléon (-0.67 à -0.77). Des adaptations histologiques de l'intestin face au développement du proventricule et du gésier ont été mises en évidence, avec des villosités intestinales plus grandes, des cryptes plus profondes et une couche musculaire plus épaisse dans l'intestin des D-. Ainsi, la sélection génétique pourrait être un bon moyen pour maîtriser les rejets des poulets sans avoir d'impact négatifs sur l'économie ou le bien-être animal.

Thématique : Génétique et amélioration des animaux; Traitement des déchets agricoles

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