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Stratégie pour le déploiement de la bioelectricité à Maurice. Rapport Final

Poser C. (ed.), Seeruttun S. (ed.). 2018. s.l. : CIRAD-PERSYST-UPR AIDA; MSIRI, 106 p..

Cette étude est menée dans l'optique de fournir au gouvernement mauricien les éléments pour atteindre ses objectifs de production en terme de bioélectricité : 35% d'énergie renouvelable en 2030. L'équipe d'experts du MSIRI et du Cirad fournit dans ce rapport des pistes pour sécuriser la production de sucre d'une part et d'autre part d'augmenter celle de la bioélectricité par la culture de la canne elle-même et d'autres biomasses potentielles. Des données issues du MSIRI ont été compilées, mises à jour et analysées pour éditer des cartes de productivité cannière. L'analyse cartographique de la productivité en canne a permis d'identifier 5 000 à 6 000 ha de faible productivité qui pourraient être converties à des fins énergétiques. Actuellement la bioélectricité produite uniquement à partir de la bagasse provient de la récolte de la canne sur une surface de l'ordre de 49 000 ha. La diminution des surfaces culture sous canne pourrait s'aggraver avec l'actuelle dépréciation du prix du sucre. Ce fait inquiète l'ensemble des acteurs ; le sondage effectué auprès des producteurs canniers à petite, moyenne ou grande échelles montre que ces derniers seraient motivés pour cultiver une culture énergétique à condition que les revenus annuels bruts dépassent MUR 120 000/ha. Les trois catégories de planteurs ont affiché une préférence pour la canne énergie. Le potentiel d'exploiter 100 000 t de paille dans le futur semble réaliste car les technologies de collecte, de transport et de transformation de la paille de canne comme combustible pour les centrales thermiques à bagasse sont maîtrisées. Des études sont en cours au MSIRI (et à La Réunion) pour augmenter la teneur en fibre des variétés de canne à sucre (canne mixtes et canne énergie). Deux variétés de canne mixte, soit la M 1672/90 du MSIRI et la R 585 d'eRcane sont déjà cultivées localement ; pour la canne énergie, les variétés telles que les WI 79/460 et WI 79/461 pourraient être exploitées. De nouvelles variétés prometteuses pour ces objectifs seront disponibles commercialement dans 3 ou 4 ans. Parmi les autres gisements potentiels l'étude s'est focalisée sur l'eucalyptus, bambou, l'Arundo donax, les déchets forestiers et verts. Les données fiables de productivité correspondant aux conditions de cultures dans les zones ciblées devront être quantifiées. Une phase de recherche et de développement est primordiale et indispensable pour évaluer la productivité de toutes ces plantes énergétiques. La collecte de la paille de qualité inférieure sur une surface estimée à 5 000 ha mécanisables représente une source complémentaire non négligeable. L'utilisation d'un outil de simulation développé pour cette étude montre qu'une conversion en canne énergie des parcelles les moins productives (<60 t/ha) permet de dégager un revenu brut supérieur ; la superficie maximale se situerait autour de 6 000 ha sans pénaliser significativement la production de sucre. L'augmentation de la part de culture en canne mixte sur les surfaces plantées en canne à sucre (canne conventionnelle) permettrait aussi de dégager un gain de production de bioélectricité non négligeable de l'ordre de 10% avec 15 000 ha convertis. Une projection des possibles combinaisons sous forme de trois scenarios nous a montré que de si aucune action n'est engagée, les revenus des terres à canne chuteront de façon drastique en réduisant aussi la production de bioélectricité. Par contre un scenario plausible pour 2028, correspondant à une combinaison de 28 000 ha en canne conventionnelle, 6 000 ha en canne mixte, 5 000 ha en canne énergie, la collecte de la paille de bonne qualité sur 20 000 ha, de qualité inférieure sur 5 000 ha, l'Arundo donax sur 1 500 ha et l'eucalyptus sur 1 000 ha, le ''Beema'' bambou sur 1 500 ha et 35 000 tonnes de matières sèches provenant des résidus forestiers et verts permettrait d'augmenter la production actuelle jusqu'à 780 GWh de bioélectricité ; cette augmentation équivaut à plus de 250 000 tonnes de charbo...

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