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Une approche agro-écologique pour la durabilité de la culture cotonnière en Afrique sub-saharienne

Guibert H., Brévault T., Naudin K., Goebel F.R., Balabaré O., Boulakia S., Bachelier B.. 2019. Bamako : World Vision, 1 p.. Beating Famine Conference. 3, 2019-02-25/2019-03-01, Bamako (Mali).

Les filières coton africaines produisent de la fibre (1,5 million de tonnes en 2016/2017) mais aussi de l'huile (environ 340 000 tonnes), principalement vendue localement, et du tourteau (environ 1,4 million de tonnes), aliment pour le bétail. La culture cotonnière est intégrée aux cultures vivrières et les progrès techniques diffusés à travers sa vulgarisation (culture attelée, fertilisation, etc.) ont bénéficié à toutes les cultures. L'accès aux intrants et au crédit qui accompagne la culture des cotonniers ainsi que l'organisation de ses producteurs peuvent faciliter la diffusion d'alternatives techniques. Les contraintes à sa durabilité existent à plusieurs échelles : (i) la dégradation des sols et de leur statut organique, la pression des bio-agresseurs gérée encore essentiellement par l'utilisation de pesticides au niveau parcellaire, (ii) la rareté de la main d'oeuvre au niveau exploitation, (iii) les pressions foncière et de l'élevage au niveau territoire et (iv) les changements climatiques et variations des prix mondiaux au niveau global. Les études montrent que l'évolution de ces sols sous les systèmes de cultures conventionnels est marquée par une baisse importante et rapide du stock de carbone, des éléments minéraux malgré les fertilisations apportées et par l'acidification. Les solutions proposées sur lesquelles travaillent le Cirad et ses partenaires sont présentées. Elles se fondent sur les principes de l'agro-écologie : alternatives au labour, production et partage de la biomasse, introduction de légumineuses, agroforesterie et intégration agriculture-élevage, nécessitant des actions au niveau de la parcelle mais aussi aux échelles supérieures. La lutte sur seuil a été une première alternative aux traitements systématiques programmés. D'autres innovations techniques s'inscrivant dans le cadre de la gestion intégrée des bio-agresseurs, comme l'écimage des cotonniers mis au point au Mali, peut permettre une économie de 40 à 60 % des insecticides épandus. Des modes de motorisations durables et adaptés aux échelles de l'exploitation sont testés au Bénin et au Sénégal. Autrefois principalement orientée sur la productivité de la culture, ce qui a permis d'augmenter sensiblement les rendements, la recherche cotonnière s'intéresse maintenant à la durabilité de la culture. Elle intègre ainsi les dimensions environnementales, économiques et sociales, en proposant des alternatives fondées sur la gestion agro-écologique des systèmes, en impliquant mieux les producteurs, leurs organisations et la société civile à l'échelle territoriale. Pour ce faire, elle développe des outils comme la modélisation et l'analyse multicritère de systèmes de production.

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