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Faune sauvage et risques sanitaires en milieu tropical

Jori Massanas F.. 2018. Montpellier : Université de Montpellier, 181 p.. Habilitation à diriger des recherches --.

La croissance de la population humaine mondiale, la transformation des habitats naturels, les changements globaux, les pratiques d'utilisation de la faune sont tant de facteurs qui modifient et facilitent les interactions entre les milieux sauvages et anthropisés. Ces contacts croissants entre la faune sauvage et domestique et l'Homme favorisent progressivement des échanges de pathogènes pouvant avoir des conséquences sanitaires nuisibles sur les trois compartiments. Ce travail de synthèse présente plusieurs contextes dans lesquels, la circulation de pathogènes et l'émergence de maladies liées à la faune sauvage se transmettent vers les animaux domestiques ou l'homme avec un fort impact sur le développement de l'élevage ou la santé publique. Ces risques sanitaires se manifestent facilement dans les cas où bétail cohabite avec des espèces sauvages qui ont co-évolué avec des pathogènes majeurs du bétail en périphérie des aires protégées d'Afrique australe. La peste porcine africaine, par exemple, constitue une maladie d'importance majeure pour l'élevage porcin au niveau mondial, pour laquelle certains suidés sauvages (au moins, phacochères et sangliers) jouent un rôle épidémiologique considérable en tant que réservoirs ou disséminateurs du virus dans le milieu en Afrique australe et en Europe de l'Est. La fièvre aphteuse, une autre menace sanitaire majeure pour le bétail et le commerce mondial de viande bovine, est maintenue chez les populations de buffles d'Afrique Subsaharienne et se transmet régulièrement au bétail malgré des méthodes de contrôle bien établies qui s'avèrent de moins en moins efficaces. Son éradication étant jugée impossible, la communauté internationale et scientifique semble s'orienter vers des systèmes de gestion du risque sanitaire sur les produits carnés manufacturés qui réduire le risque de diffusion du virus aphteux et faciliter une meilleure cohabitation entre la faune et le bétail. Toujours dans le même contexte écologique, ce travail de synthèse aborde la circulation de maladies zoonotiques liées à la faune sauvage dans des contextes de pauvreté extrême et de forte prévalence du SIDA en Afrique australe et souvent négligée par les services de santé primaire telles que la cryptosporidiose et la Fièvre de la Vallée du Rift. L'élevage d'espèces sauvages dans le but de commercialiser des protéines animales sauvages ou d'autres produits dérivés, se répand dans différents lieux de la planète et constitue une forme d'interface avec les milieux anthropisés peu étudiés jusqu'à présent. Les conditions d'élevage (haute densité, stress, consanguinité et brassage d'individus d'origines diverses) constituent des milieux favorables à l'amplification voire l'évolution d'agents infectieux capables de se transmettre à d'autres populations humaines ou animales en contact ou proximité. Le manque de suivi sanitaire auprès de ce type d'élevage est fréquent et représente un risque sanitaire considérable et négligé. C'est le cas de l'élevage du cerf Rusa (Cervus rusa timorensis) à l'IIe Maurice ou de l'élevage de pécaris (Tayassu tajacu) en Amazonie qui favorisent l'exposition à la leptospirose et d'autres maladies zoonotiques. Toutes ces interfaces mettent en évidence les difficultés inhérentes à l'étude de maladies multihôtes dans des socio-écosystèmes complexes pour lesquelles une approche multidisciplinaire et intégrative basée sur les principes de One Health ou Ecohealth, est plus que justifiée

Mots-clés : fièvre aphteuse; peste porcine africaine; dynamique des populations; transmission des maladies; Épidémiologie; zoonose; bétail; faune; maurice; amazonie; europe orientale; afrique australe

Thématique : Maladies des animaux; Ecologie animale; Elevage - Considérations générales

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