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Le pôle de croissance agricole du territoire de l'office du Niger au Mali : actions publiques et changements de gouvernance

Coulibaly M., Soullier G.. 2020. s.l. : CIRAD, 80 p..

Suite à la crise des prix de denrées alimentaires sur le marché international en 2008, plusieurs pays d'Afrique de l'Ouest ont cherché à développer des pôles de croissance agricoles. Le rôle du secteur public dans ce modèle de développement est de créer un contexte incitatif aux investissements privés. Dans une aire géographique données, la réalisation d'investissements par des entreprises agro-industrielles doit permettre de générer des économies d'échelle et d'agglomération, ainsi que des effets d'entraînement pour les producteurs familiaux locaux. Cependant, bien que ce modèle de développement soit promu depuis au moins dix années, il y a peu d'informations sur la manière dont sont mis en place les pôles de croissance agricoles en Afrique de l'Ouest. A travers l'étude de l'Office du Niger au Mali, ce rapport exploratoire questionne les actions publiques mises en oeuvre pour développer les pôles de croissance agricoles. Ce rapport cherche aussi à documenter le changement de gouvernance de la filière du riz ainsi que le changement de la gouvernance du territoire de l'Office du Niger. Le cadre conceptuel croise la gouvernance des chaînes de valeur et la gouvernance territoriale. Les résultats s'appuient sur une revue de la littérature, des données secondaires et des entretiens semi-directifs réalisés auprès d'agents des ministères, d'agences de développement, de l'Office du Niger, ainsi que des producteurs, transformateurs et commerçants de la filière du riz. Ce rapport révèle que, suite à une réforme institutionnelle réduisant les compétences de l'Office du Niger, les actions publiques cherchent principalement à attirer les investissements privés par des exonérations fiscales, la facilitation de l'accès au foncier et la promotion des investissements. Les producteurs familiaux continuent de bénéficier de soutiens public, sous la forme de subventions aux intrants et de crédits à l'équipement. Cependant, il n'y a pas d'action visant à renforcer les liens entre les producteurs familiaux et les agrobusiness. Des investissements publics dans les infrastructures d'irrigation étaient prévus, mais le taux de réalisation reste faible. Dans la chaîne de valeur du riz, l'apparition des mini-rizeries et de rizeries industrielles a entrainé un changement technique du segment de la transformation. Ces nouveaux acteurs combinent divers modes de coordination pour sécuriser leurs approvisionnements. Une tendance de la gouvernance vers l'intégration verticale est en cours, avec l'apparition de contrats de production, de contrats d'achat et du contrôle hiérarchique de la production de paddy par les transformateurs. Certaines coopératives disposent toutefois d'un pouvoir de négociation important lors de la négociation de contrats, et intègrent la transformation. Enfin, ce rapport documente un changement de la gouvernance territoriale de l'Office du Niger. Cette dynamique est favorisée par des attributions foncières à grande échelle, à des entreprises nationales et étrangères qui prévoient de cultiver du riz, de la canne à sucre, du jatropha, de l'arachide et du tournesol. L'arrivée de ces agrobusiness dans l'Office du Niger risque de provoquer une réduction de la participation des producteurs familiaux dans la gestion des ressources agricoles, en particulier du foncier et de l'eau. Les 3 effets de ces transformations sur les conditions de vies des producteurs familiaux devraient être questionnés par la recherche....

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