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Nouvelles prospections de caféiers Robusta endémiques de Guinée

Labouisse J.P., Diabaté M., Diabaté M., Kone F., Rivallan R.. 2021. Cotonou : SEP2D, 1 p.. Symposium international sur la biodiversité des plantes et développement durable, 2021-02-03/2021-02-05, Cotonou (Bénin).

L'espèce Coffea canephora Pierre ex A.Froehner, couramment appelée caféier Robusta, fournit près de 40% de la production mondiale de café. En Guinée, des populations endémiques de caféiers C. canephora, de faible effectif, sont menacées par la déforestation, le réchauffement climatique et l'introduction massive dès le début du XXe siècle de Robusta originaires d'Afrique Centrale. De précédents travaux combinant l'exploitation de documents historiques et le génotypage de spécimens prélevés sur deux herbiers anciens du Muséum National d'Histoire Naturelle avaient permis de définir trois groupes génétiques bien différentiés parmi les C. canephora sauvages de Guinée. Ces travaux ont guidé les partenaires du projet FOGEFO-PLUS dans leur recherche de sites pouvant encore contenir des populations endémiques. C'est ainsi que 128 spécimens de caféiers ont été collectés lors du projet et ont été caractérisés sur le plan génétique grâce à 21 marqueurs microsatellites. Les résultats ont montré que, dans les zones traditionnelles de culture du caféier en Guinée Forestière, les caféiers endémiques se sont naturellement hybridés avec les caféiers introduits d'Afrique Centrale et sont à présent extrêmement rares à l'état sauvage. Toutefois, une population de caféiers décrite dès 1905 par le botaniste Auguste Chevalier se maintient à proximité du Mont Bilima Hénéré près de Mamou. L'analyse génétique des 53 échantillons récoltés a mis en évidence le caractère endémique de cette population isolée dans un fragment de forêt dense qui a été caractérisée sur le plan floristique et écologique. Cette ressource est très vulnérable car située dans une zone de transition forêt-savane avec de fortes sècheresses et soumise à la pression anthropique par l'extension des cultures vivrières. Des mesures de sauvegarde par une mise en collection ex situ ont été prises et doivent être complétées par des mesures de conservation in situ associant étroitement les populations locales à la gestion durable de cette forêt.

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