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Promouvoir des pratiques agroécologiques à la fois bénéfiques à la société et aux agriculteurs. Quel rôle pour la recherche ?

Chevallier T., Rakotovao N.H., Razafimbelo T.M., Mathe S., Bernoux I., Gaujour C., Chapuis-Lardy L.. 2021. In : Kane Ndjido (ed.), Orange Didier (ed.), Brun-Diallo Lauren (ed.). Adaptation et résilience des agricultures en Afrique de l¿Ouest : innovations agroécologiques et intégration des territoires. Résumés. Dakar : ISRA, p. 165. Conférence intensification Durable 2021 (CDI 2021). 3, 2021-11-23/2021-11-26, Dakar (Sénégal).

Le secteur de l'agriculture, de la forêt et des autres utilisations des terres (AFOLU pour l'anglais Agriculture, Forestry and Other Land Uses) est émetteur en gaz à effet de serre mais c'est également un secteur pour lequel des investissements peuvent inverser la tendance. Pourtant les actions concrètes avec des résultats chiffrés sont rares du fait de la méconnaissance des stocks et des potentialités de stockage de C des sols agricoles. Le déficit d'information et de compréhension des processus aux multiples échelles limite la participation du secteur AFOLU dans les politiques et les investissements en faveur du climat, surtout dans les pays d'Afrique. D'un autre côté les projets de développement en milieu rural, souvent soutenus par des ONG, investissent dans l'agriculture auprès des agriculteurs. Ils promeuvent des pratiques agricoles durables mais qui doivent être évaluées avant d'engager les agriculteurs à grande échelle. La recherche en proposant des outils de mesure, d'évaluation et en formalisant les scénarios de développement possible avec l'ensemble des parties prenantes alimente les actuelles discussions internationales sur la place de l'agriculture familiale dans l'agenda des solutions pour l'atténuation du changement climatique. Cette alimentation doit s'appuyer sur des publications scientifiques. Cependant le rôle de la recherche peut être également de faire participer la société à ses réflexions. Vouloir conjuguer à la fois les intérêts privés des agriculteurs d'une région rurale pauvre et des intérêts globaux de la société est possible dans le secteur agricole mais complexe. A partir d'un article scientifique, nous avons créé une bande dessinée (https://www.carolinegaujour.com/bd-ird). Son objectif est de faire réfléchir le lecteur sur la coopération internationale et sur la complexité des choix qui s'offre lors de la définition d'un projet de développement rural. Après avoir explicité les enjeux d'un projet de développement rural d'une région de Madagascar et le point de vue de différents personnages (un agriculteur, un volontaire dans une ONG, un autre investisseur, " internet ", un chercheur), le lecteur a le choix entre différents projets agricoles basés sur la reforestation, l'agroforesterie, l'utilisation de compost et le système d'intensification du riz (SRI). Les bénéfices potentiels de ce projet ont été quantifiés par trois indicateurs projetés sur une période de 20 ans - le bilan d'émissions de gaz à effet de serre (GES), les bénéfices économiques pour les agriculteurs et l'efficacité des investissements économiques pour atténuer les GES - à l'aide des outils ex-ante Ex-Act et TropiC Farm tool (Rakotovao et al. 2020). L'explicitation des conséquences de ces projets permettra aux lecteurs d'approcher les interrelations des différents évènements qui découlent de ses choix. Dans cette bande dessinée, nous suivons le cheminement de pensée d'un expert international junior qui travaille pour un bailleur. Il rêve et s'interroge beaucoup. La multiplicité des informations et des points de vue que lui apporte ses rencontres au fur et à mesure renforce la difficulté du choix. Le rêve des conséquences chiffrées de ces projets illustre le travail de modélisation nécessaire pour estimer " ex-ante " les conséquences des projets. Le personnage du chercheur souhaite réveiller l'expert de sa torpeur, mais l'assomme avec un peu plus d'informations. Il est traité de manière humoristique tel que le citoyen se l'imagine : il ne donne aucune solution, ne trouve rien ou si peu, mais pose un tas de questions. La multiplicité des questions, auxquelles la BD ne répond pas, montre que la recherche sur ces thèmes est bien vivante, qu'il n'y pas de solutions toutes prêtes. Il n'y a pas forcément de mauvais choix, mais il est nécessaire de les faire en connaissance de causes. Le rôle de la recherche est d'accompagner ces choix....

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