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Rapport d'étude de la consommation en énergies domestiques des ménages de la ville de Kinshasa

Gazull L., Dubiez E., Akalakou Mayimba C., Peroches A.. 2020. s.l. : CIRAD; CAFI, 52 p..

La République Démocratique du Congo présente une grande dépendance à la biomasse comme énergie de cuisson. A l'image de toute l'Afrique centrale, plus de 90 % de la population du pays dépendrait du bois-énergie pour cuire ses aliments (Gillet et al., 2016). Cette consommation importante de bois-énergie a des impacts directs sur les peuplements forestiers de la région. Le " programme de consommation durable et substitution partielle au bois énergie " a pour but de participer à la réduction de la demande en bois-énergie. Afin d'atteindre ces objectifs, le CIRAD a été chargé de mener des études ayant pour but d'avoir une connaissance fine des pratiques de consommation des ménages des principales villes du pays. Le présent rapport présente les résultats pour la ville de Kinshasa. Un total de 900 ménages a été interrogé sur l'entièreté de la ville de Kinshasa. Les enquêtés sont à 97,7 % des femmes, dont l'âge moyen est de 38 ans et le ménage est constitué en moyenne de 5,3 personnes. Les kinois préparent 1,8 repas par jour à leur domicile, principalement grâce au charbon de bois, qui est régulièrement utilisé par 97,7 % des ménages enquêtés. L'électricité est quant à elle régulièrement utilisée par 66,4 % des ménages kinois. Les autres énergies de cuisson que sont le gaz (2,3 % d'utilisation), le bois de feu (5,7 % d'utilisation) ou le pétrole (9,8 % d'utilisation) sont utilisés de manière moindre dans la ville. A Kinshasa, près de 70 % des ménages utilisent un mix énergétique (2 à 3 énergies) généralement constitué du charbon de bois et de l'électricité. Les équipements de cuisson les plus répandus sont les braseros simples (pour le charbon de bois) et les plaques multiples (pour l'électricité). Le taux d'utilisation des foyers améliorés est de 12 %. La consommation énergétique moyenne des kinois pour la cuisson des aliments est de 3,48 kWh/habitant/jour (soit 1 270 kWh/habitant/an) dont 2,98 kWh issus du charbon de bois, 0,42 kWh issus de l'électricité, 0,07 kWh issus du pétrole, 0,06 kWh issus du bois de feu et 0,01 kWh issus du gaz. Ainsi, un kinois consomme en moyenne 0,346 kg de charbon de bois et 0,016 kg de bois de feu par jour. A l'échelle de la ville, cela représente entre 9,84 et 13,39 millions de tonnes d'équivalent bois par an selon les estimations de population. L'énergie de cuisson la moins chère à Kinshasa est le bois de feu (0,020 USD/kWh) devant le charbon de bois (0,030 USD/kWh en sacs et 0,050 USD/kWh en sachets). Les prix de l'électricité varient selon les quartiers et les types d'accès. Ils sont compris entre 0,0265 et 0,088 USD/kWh. Le pétrole (0,094 USD/kWh) et le gaz (0,145 USD/kWh ¿ hors consigne) sont moins compétitifs. En moyenne, les ménages kinois dépensent 37 235 CDF/mois pour leur énergie de cuisson, ce qui représente environ 13 % des dépenses total des ménages. Sur cette somme, 31 093 CDF/mois sont destinés au charbon de bois, 3 873 CDF/mois à l'électricité et 1 369 CDF/mois au pétrole. Les dépenses moyennes de gaz et de bois de feu dans ce mix global à l'échelle de la ville sont négligeables.

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